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15 milliards au vent !

Institutions budgétivores

mardi 19 août 2008 par Fété Bertin Dakouo

L’association « repère », au cour d’une conférence débat, a dressé le samedi 16 Août 2008 un diagnostic sans complaisance de la situation et s’est dit résolu à rencontrer la Commission sur la Consolidation de la Démocratie au Mali.

Notre pays compte huit institutions. Mais le conférencier Ali Cissé, administrateur civil, estime que ce nombre est pléthorique.

D’ailleurs pour lui, parmi ces institutions certaines n’ont pas leur raison d’être et pour plusieurs raisons.

D’abord, nombre d’entre elles jouent les rôles qui sont dévolus à d’autres. En plus elles sont budgétivores et ne rendent que de piètres services. Après avoir dressé un tableau sombre de ces fantomatiques institutions, l’Association « repère » estime qu’il est impérieux d’en supprimer quelques unes en transférant leurs attributions à l’Assemblée nationale du Mali.

Il s’agit notamment du Haut Conseil des Collectivités Territoriales, du Conseil Economique Social et Culturel. Ce n’est pas tout. Les responsables de l’association jurent la main sur le cœur que même la cour constitutionnelle doit être dissoute au profit de la cour suprême.

L’on retient de l’analyse de M Ali Cissé, qu’il existe un terrible disfonctionnement exécutif résultant de la cohabitation entre le Président de la République et le Premier Ministre. Pour ce faire, l’administrateur recommande la suppression du poste de Premier Ministre qui pour lui, devient de plus en plus encombrant. La suppression de cette structure cumulée à la suppression des institutions énumérées, pourrait permettre au Mali d’économiser plus de 15 Milliards de nos francs.

Dans la même veine soulignera-t-il, l’abrogation de la loi de dissolution de l’Assemblée Nationale par le Président de la République et la limitation du nombre de portefeuille ministériel qui d’après lui a passé de 15 en 2000 à 30 en 2007et l’approbation par l’Assemblée des nominations aux hautes fonctions de l’Etat sont entre autres réformes qui renforceront le Mali démocratique, a souligné le conférencier.

En outre selon lui, l’exclusion des populations du pays profond de la vie politique s’explique par l’officialisation de la langue française. D’où la nécessité d’officialiser certaines langues nationales.

Au chapitre du processus électoral, « repère » trouve que l’informatisation du fichier électoral, l’affectation de l’ensemble des opérations à l’Administration Territoriale et la responsabilisation des partis politiques pour exercer un contrôle adéquat, permettraient d’avoir des élections fiables et à moindre coût.

Tout cela a coûté à l’Etat 25 000 000 000F CFA entre 2002 et 2004.

Sur ce point, l’association suggère que le Président de la république soit élu par l’Assemblée Nationale. Il propose même un mode de scrutin proportionnel pour les élections législatives et communales.

Pour que les partis politiques puissent être viables, « repère » recommande plus de rigueur dans la reconnaissance des partis. « Toute bonne démocratie passe par une opposition qui joue le rôle de superviseur.

C’est pourquoi, il faudrait améliorer son statut pour lui donner une plus grande représentativité dans les affaires politiques du pays » a-t-il rappelé.

Face aux multiples problèmes que connait la presse dans notre pays, « repère » exhorte à la fusion de certains organismes de gestion de la presse et prône la création d’une école de presse.

Il en est ainsi de la création d’organes de régulation morale de la presse et des organes en langues nationales.


 

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