5 ans de prison dont deux fermes et 3 avec sursis pour Koflon Taroré
samedi 19 juillet 2008 par Abdoul Karim Maïga
Le crime pour lequel elle a été poursuivie remonte à mai 2006 à Bassambougou, cercle de Kati. A peine divorcée d’avec son mari, Koflon Traoré n’a pas hésité à vivre maritalement avec Daouda Coulibaly.
Un concubinage qui va se solder par une grossesse. Au terme de la grossesse, elle accoucha seule dans sa famille paternelle sans aucune assistance, comme cet enfant n’était pas désiré, le père de Koflon ayant juré de ne pas accepter d’enfant naturel dans sa maison.
C’est ainsi qu’après l’accouchement, elle se retira hors du village pour enfouir le nouveau-né en terre.
Ce n’est que six jours après l’accouchement que des enfants découvrirent le corps en état de putréfaction avancée.
Même si les mesures draconiennes ne sauraient justifier un infanticide, c’était quand même l’excuse de Koflon.Le tort du père Koflon aurait été de ne pas avoir cherché à savoir ce qu’est devenue la grossesse de sa fille qui n’en portait plus de signe. A la barre, à la Cour d’Assises, elle a tenté de faire comprendre que l’enfant était mort-né.
C’était sans compter avec la lucidité du procureur du Tribunal de la Commune III, Sombé Théra.
Celui-ci lui expliqua que Koflon ne pouvait que privilégier la solution de l’infanticide, au vu de ce qu’elle-même a eu à expliquer comme problème entre elle et ses parents.
Sinon, pourquoi vouloir enterrer seule un enfant mort-né qui ne pouvait être l’objet d’aucune polémique ?
A la lumière des débats, Koflon a été retenue dans les liens de la détention avec le bénéfice des circonstances atténuantes.
Elle a été condamnée à 5 ans de prison dont deux fermes et 3 avec sursis.
Abdoul Karim Maïga
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