A quel jeu joue le procureur du Tribunal de première instance de la Commune VI ?
jeudi 7 août 2008 par Markatié Daou
En effet, selon de nombreuses sources, l’auteur de la mort accidentelle du Rédacteur en Chef du hebdomadaire d’enquêtes policières et de faits divers, « Kabako », a été mis hier mardi 05 août en liberté avant d’être repris quelques temps plus tard sur ordre du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, M Maharafa Traoré. Mais avant l’injonction salutaire du ministre de la Justice, les échos de cette liberté accordée à l’auteur de l’accident de Bouaré ont vite fait le tour de la capitale. Si certains observateurs, rappelant certaines frasques de cette juridiction, se disaient peu surpris par une telle décision de la part du tribunal de Commune VI, d’autres vont plus loin en estimant que le procureur du TPI de la Commune VI a franchi le Rubicon et a jeté de l’huile sur le feu. Sa décision (mal déguisée) a été dénoncée au plus haut sommet de la famille judiciaire du Mali.
Car, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, M Maharafa Traoré, informé de cette liberté jurant avec l’orthodoxie judiciaire, a aussitôt réagi.
Selon nos sources, le ministre Traoré, dont toute la presse salue l’intervention qui l’honore, a sommé le procureur de mettre à nouveau aux arrêts le jeune Sékou Diallo qui est l’auteur de la mort accidentelle du journaliste, Oumar Bouaré. Et que sa mise en liberté sera décidée lors d’une audience digne de ce nom. Il faut rappeler qu’entre la libération du « meurtrier » sans déposition et sa remise sous mandat de dépôt, des mouvements de protestation étaient déjà en gestation. Heureusement que l’intervention du ministre est vite venue apaiser les esprits. Par cette mise en liberté accordée trop facilement, ce procureur n’allait-il pas donner raison à ceux qui pensent à tort ou à raison que « la justice malienne est indépendante de tout sauf de l’argent sale » ? Pire, dans ce cas précis, elle allait exposer la personne du jeune Sékou Diallo à des menaces d’agression.
La question que les uns et les autres se posent est de savoir de quel droit le tribunal de première instance de la Commune VI met-il en liberté un détenu préventif sans jugement ?
On ne peut ne pas faire une comparaison entre cette affaire tristement célèbre et celle des 40 kilogrammes d’or qui a éclaboussé certains responsables de cette juridiction en son temps.
Il faut rappeler que c’est dans la nuit du jeudi 30 au vendredi 31 juillet dernier sur la route de l’aéroport international Bamako Sénou, lorsque notre confrère rentrait chez lui après une journée de dur labeur, qu’un véhicule roulant à tombeau ouvert avec à son bord un jeune homme d’une vingtaine d’années du nom de Sékou Diallo percuta de plein fouet sa moto (Yahama 100) aux environs de 04 heures du matin.
La nouvelle a vite fait le tour de la capitale.
Il fut transporté d’urgence à l’hôpital, où il a rendu l’âme à 06 heures.
Affaire à suivre !
Markatié Daou
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