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ATT assigne trois missions aux hommes de médias

POSE DE LA PREMIERE PIERRE DE LA NOUVELLE MAISON DE LA PRESSE

mardi 6 mai 2008 par Issa Fakaba SISSOKO

Il a constaté quelques insuffisances dans l’exercice de la profession, face auxquelles s’impose, selon lui, une régulation forte, juste et ferme, qui encourage les bonnes pratiques professionnelles et sanctionne les fautes.

Samedi 3 mai aux environs de 16 heures, un dispositif impressionnant de sécurité élit ses quartiers à l’entrée de Médina Coura (en Commune II) non loin du Lycée Alfred Garçon sur la route menant au stade Omnisports Modibo Keïta.

Hommes de médias et porteurs d’uniformes se côtoient car il s’agit de la visite du chef de l’Etat pour la pose de la première pierre de la nouvelle Maison de la presse. Pour le président de la structure associative de presse, M. Makan Koné, il s’agit d’un évènement hautement symbolique. Car il se tient un 3 mai commémorant la journée internationale de la presse.

« Ce jour est un jour historique non seulement pour la presse, mais également pour le tout le Mali. En effet, pour la première fois, un des piliers les plus importants de la démocratie malienne, à savoir la presse, après s’être sentie comme abandonnée de longues années durant, voit la nation lui reconnaître son véritable rôle dans l’ancrage de cette démocratie » a déclaré le président de la Maison de la presse, M. Koné. Rendant un vibrant hommage à ses prédécesseurs, Lassana Traoré, Feu Oumar Touré et Sadou Abdoulaye Yattara, sans qui le présent projet n’aurait vu sa concrétisation, il a promis que la construction du nouveau joyau permettra aux hommes de médias de jouer pleinement leur mission de service public.

Prévu sur une superficie 2176m2, le joyau architectural devant abriter la grande famille des médias, et dont le délai d’exécution est de 8 mois, coûtera plus de 3OO millions de francs Cfa au budget national. Il comprendra un espace administratif et financier qui regroupera les bureaux et le secrétariat, un espace de travail rédactionnel qui intégrera les cyberespaces équipés pour le traitement de textes, le montage des maquettes et des émissions radios, ainsi que la recherche de documentation sur Internet, un espace de restauration avec une cantine et un cafétéria, la bibliothèque, une salle de conférences de 4OO places. Bref un cadre idéal de travail pour les hommes de médias pour relever le défi de la modernisation et de la performance. Ce qui fera dire à Mme la ministre de la Communication et des nouvelles technologies qu’à travers les facilités qu’elle offrira, la nouvelle structure a pour ambition d’être non seulement un lieu de rencontre et de travail pour les journalistes maliens et étrangers, mais également de perfectionnement aux technologies de l’information et de la communication.

Il servira aussi d’espace médiatique d’annonce d’évènements et de débats pour tous les acteurs de la vie publique, ceux qui viennent du monde politique, de la société civile ou du milieu des affaires. Mieux, a expliqué Mme Diarra Mariam Flantié Diallo, la position centrale de la future Maison de la presse résoudra les préoccupations liées aux moyens très limités des différentes rédactions de la capitale pour se rendre régulièrement dans une infrastructure relativement éloignée. « Cette position convient aussi à l’organisation des grands évènements à forte résonance médiatique qui se situent actuellement à plus de 90% sur la rive gauche de notre capitale », a ajouté la ministre de la communication. Qui annonce la création prochaine d’une école publique de journalisme à Bamako, l’organisation des journées de relecture des textes régissant les médias et d’une nuit de la communication pour célébrer les femmes et les hommes du monde des médias publics et privés.

L’amélioration des conditions de travail doit s’accompagner aussi des bonnes pratiques du métier, a précisé le chef de l’Etat. Qui, se défendant de faire un quelconque procès à la presse, a déclaré que si le développement des médias (journaux et radios) a constitué une des marques de la démocratie malienne, force est reconnaître que le temps est venu pour les médias d’évaluer leur parcours et de procéder, au besoin, aux nécessaires remises en cause. « La finalité d’un journal ne saurait se résumer à sa seule présence dans les kiosques et celle d’une radio au seul fait d’émettre sur les ondes.

Et si nous nous accordons sur le fait que les médias ont vocation à être un maillon important du débat démocratique, un témoin de la vie économique, sociale et culturelle, il est indispensable que nous réfléchissions sur notre presse tout autant que cette dernière le fait sur la vie de notre pays », a martelé le président ATT.

Qui a recommandé la mise en place d’une régulation forte, juste et ferme qui encourage les bonnes pratiques professionnelles et sanctionne les fautes. Ceci, a-t-il dit, contribuera ainsi à favoriser la professionnalisation des médias, lesquels doivent relever trois défis.

Il s’agit notamment, a expliqué ATT, de la mise en place de structures économiquement viables, de l’amélioration de la qualité des services, et de l’élaboration d’une convention collective définissant les droits et les obligations des hommes et femmes des médias, organise et sécurise leur carrière.


 

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