Tout fut alors mis en œuvre de manière collégiale pour circonscrire les moindres incendies. Même l’école qui a été au centre des turbulences faisait semblant d’avoir retrouvé ses repères, notamment avec le pacte de partenariat pour une école apaisée et performante que toutes les parties s’étaient engagés à respecter jusqu’au bout. Mais voilà qu’il a suffi que la présidentielle du 29 avril 2007 soit passée, avec la réélection d’ATT pour un second et dernier mandat, pour que les démons de la surenchère signent leur retour.
C’est le bandit armé du désert Ibrahim Ag Bahaga qui a donné le ton d’une spirale infernale, en rompant unilatéralement rompu les accord d’Alger du 04 Juillet 2006, qui avaient consacré le retour de la paix dans la région de Kidal. Ce danger public tourmente la nation depuis un certain 26 Août 2008, avec le feuilleton de mauvais goût de ses attaques qui tardent à prendre fin. De la pose des mines antipersonnel meurtrières, à des prises d’otages, et autres affrontements sanglants avec les forces régulières, l’irrédentiste et narcotrafiquant Ibrahim Ag Bahanga, aura depuis le mois d’août dernier, perturbé le sommeil du président de la République, qui a jusque-là opté pour le dialogue des armes et non pour les armes du dialogue et, cela au grand dam de la majorité de ses compatriotes. Mais, il faut dire que contrairement au cas de l’Alliance du 23 mai pour la Démocratie et le Changement, partie signataire de l’accord d’Alger, qui a trouvé des échos largement favorables au sein des différentes composantes de la nation, notamment la classe politique, l’on constate un mutisme et une méfiance vis-à-vis de ce qui pourtant paraît être un crime que tout le monde devrait condamner. Avec l’accord d’Alger, on a pu voir l’Assemblée Nationale interpeller le gouvernement à travers le général Kafougouna Koné, pour savoir d’abord les tenants et les aboutissants dudit accord, avant d’y apporter son soutien. De même, cette même assemblée, surtout majoritairement constituée de l’ADP, devrait être au devant de la présente crise avec une implication encore plus poussée dans le même sens que le président de la république. Mais, loin de là, c’est une majorité présidentielle de façade qu’on voit incapable de proposer au chef de l’Etat des alternatives plus crédibles et de ce fait plus durables de sortie de crise. Ce qui a du coup donné une brèche à l’opposition malienne, qui veut faire de cette affaire un fonds de commerce politicien, avec un Tiébilé Dramé qui veut s’autoproclamer facilitateur. Et pour davantage narguer une majorité présidentielle passive, cette même opposition entend organiser dans les jours à venir, un forum national sur la problématique de la sécurité dans les régions du nord, avec comme invité le terroriste Ibrahim Ag Bahanga.
Le chef de l’Etat ne fait pas face à ce seul front, car en effet, le front scolaire est loin d’être apaisé avec des syndicats d’enseignants aveuglés par leurs revendications matérialistes. Pendant que les autorités se battent dans les difficultés pour sauver l’année scolaire, (en témoigne le discours tenu au cours des congés, après une large consultation avec l’ensemble des partenaires concernés), c’est une CO.S.E.S.(Coordination des Syndicats de l’Enseignement Secondaire) déchaînée qui fait de la surenchère aux relents de chantages autour de sa fameuse indemnité de logement, qui si elle doit être acceptée ne sera pas supportable par notre trésor public. Tiémogo Daou (secrétaire général de la CO.S.E.S) et les siens savent-ils que les caisses de l’Etat sont désormais vides et qu’elles ne contiennent que deux mois de salaire pour les fonctionnaires maliens, quand ils conditionnent l’accomplissement de leur mission sacerdotale à une honteuse histoire de prime ?
Sans oublier la FEN et le SNEC qui veulent aussi faire parler d’eux dans les jours à venir, et ces écoles privées qui sont depuis le lundi en cessation de travail pour une histoire de subvention de 7 milliards que l’Etat leur doit ? Pourquoi donc cette synchronisation de crises autour de notre école, où personne ne semble se soucier un tant soit peu de sa responsabilité dans son devenir ?
A ce fardeau déjà trop lourd pour le gouvernement viennent s’ajouter les menaces de l’UNTM par rapport à leur protocole d’accord du 17 Juillet dernier et la cherté de la vie. D’aucuns disent même que c’est sous la pression de la centrale syndicale, à travers un point de presse tenu à la Bourse du travail, que le chef de l’Etat, pris de panique, a été obligé de sacrifier Mme Ba Fatoumata Nènè Sy, qui occupait le portefeuille de l’Economie de l’Industrie et du Commerce.
Or, objectivement personne ne peut démentir la bonne volonté du gouvernement pour faire face à des difficultés conjoncturelles à connotation mondiale. Grâce à ces différents efforts, les hydrocarbures restent toujours même plus abordables au Mali que dans certains pays producteurs de pétrole, avec plus de 40 milliards par semestre pour amortir la flambée des cours mondiaux du pétrole.
Cette même bonne foi gouvernementale s’est traduite par l’octroi depuis le 1er avril jusqu’au 30 septembre 20008 des exonérations à tous les importateurs de riz.
Tous ces efforts ne méritaient-ils pas d’être reconnus par les uns et les autres ?



