ATT, la sueur sous la pluie
vendredi 27 juin 2008 par Abdoulaye Diakité
Aujourd’hui, sur tous les fronts, on fait feu de tout bois.
Si ce ne sont pas les syndicalistes qui prennent les rues pour manifester leur colère par rapport à la cherté de la vie, ce sont les enseignants qui tympanisent la République pour une prime de logement ou encore le terroriste Ibrahim Ag Bahanga qui monte la surenchère dans les montagnes de Tegargar, où il a élu domicile en retournant l’arme contre ses compatriotes. Pourtant à chacune des crises, ce ne sont pas les efforts qui ont manqué. Par rapport à la cherté de la vie, qui est mondiale, le gouvernement multiplie les efforts. C’est ainsi que face à la tendance à la hausse des hydrocarbures, pour amortir le choc sur le consommateur malien, il a mis en place une commission de suivi du mécanisme de taxation des produits pétroliers, laquelle dans sa mission a, malgré le prix actuel du baril à 135 dollars, maintenu les prix jusqu’à nos jours comme suit : le supercarburant sans plomb 695 F CFA/litre ; le pétrole lampant 490 F CFA/l ; le gas-oil : 585 F CFA/l ; le distillat diesel-oil (DDO) 585 F CFA/l ; le fuel-oil 395 F CFA/l ; le gaz butane (kilo) 871 F CFA et le jet A1 libre.
Par ces tarifications, l’Etat malien met dans la subvention la bagatelle de 5 milliards par mois, soit plus de 48 milliards, si la tendance actuelle doit se maintenir jusqu’à la fin de cette année. Par ces efforts du gouvernement, notre pays est même envié par d’autres comme le Sénégal et le Burkina Faso. Pour ce qui concerne les denrées de première nécessité, le gouvernement, en partenariat avec les syndicalistes et les opérateurs économiques, a mis en place un Conseil national des Prix, qui fixe les prix des denrées bénéficiaires d’une exonération.
C’est ainsi que le prix du riz exonéré a été plafonné à 310 F/kg. A ce niveau, les gens accusent le régime sans chercher à savoir les tenants et les aboutissants. Le riz, faut-il le préciser, qui est vendu à 310 F/kg est bel et bien celui exonéré. Mais le « Gambiaga » qui n’est pas soumis à un régime d’exonération, ne peut être vendu au prix plafond. A ces efforts, il faut ajouter l’Initiative riz du PM, qui est malheureusement en train d’être sabotée par certains politiciens, en quête de popularité. En ce qui concerne la crise scolaire, les accusations qui fusent jusque-là, font état d’une incompétence du régime à faire face au dossier. Jusque-là, personne ne daigne interpeller les enseignants sur leurs devoirs vis-à-vis de la nation.
Que des enseignants refusent, malgré qu’ils touchent régulièrement leurs salaires, d’évaluer les enfants pendant toute une année, sans que cela n’interpelle notre conscience collective !
Que des enseignants mieux conditionnés que leurs prédécesseurs, tiennent mordicus à une prime de logement en prenant toute la République en otage, il y a lieu de s’interroger entre nous ! Pourtant, si la crise scolaire a pu atteindre cette dimension, c’est bien à cause de ce fameux point non satisfait sur les sept revendications et qui serait insupportable par le budget national. Pourtant ce sont ces enseignants qui paraissent aux yeux de certains comme les plus sacrificiels de la nation, et pour ça, les responsables de la CO.S.E.S sont présentés comme des héros d’une lutte d’honneur.
Dans le même leitmotiv de la dissonance, on fait toujours cas de la gestion de la crise au nord du pays. épousant dans leur majorité l’option militaire pour neutraliser la bande à Ibrahim Ag Bahanga, les tenants de cette option accusent ATT d’avoir tendu la main fraternelle, de la paix et de la raison, à d’autres Maliens emportés par le vent d’une rébellion aux relents géostratégiques mafieux. Manipulé comme de la pâte d’arachide, Bahanga, rien qu’à travers son armement, est en mission commandée d’une puissance saharienne. Mais notre pays pouvait mieux se glorifier s’il s’agissait de montrer les muscles contre un autre pays, sinon honte à la gloire tirée d’une guerre fratricide maliano-malienne.
ATT à maintes reprises a toujours donné la chance à la paix, mais s’est toujours heurté à la nature de ni foi ni loi de ces « autres Maliens » qui papillonnent entre Libyens et Algériens. Quelle paix peut-on faire avec ces autres fils égarés, et quelle gloire pouvons nous tirer en les exterminant ?


