En ces périodes de vacances, la capitale malienne, Bamako est la destination privilégiée de plusieurs jeunes qui affluent de partout.
A l’intérieur du pays, dans la sous-région et à l’extérieur, ils sont nombreux, ceux qui choisissent notre capitale pour passer leurs vacances de fin d’année. Le choix de la ville s’explique diversement selon le statut social des vacanciers. Pour certains, ces vacances se présentent comme des moments propices pour se ressourcer, suivre des cours, tandis que pour d’autres, il s’agit d’exercer de petits métiers afin de se faire des ressources supplémentaires en vue de payer leurs effets pour la prochaine rentrée.
Aux côtés de cette génération de jeunes qui doit être encouragée pour sa prise de conscience, se dressent ceux qui ne sont emballés que par le côté illusoire de ce qu’ils voient à la télé ou l’aspect éphémère de la vie, à savoir l’ambiance. La plupart de ceux-là sont issus de familles aisées où il arrive que les parents ne disposent d’aucune autorité.
Laissés à eux- mêmes, ils ne tardent pas à cultiver les comportements occidentaux et imitent les stars de cinéma ou de musique afro-américaine comme Snoop Doggy Dogg, Jay-Z, 500 cent.
Des personnalités réputées pour leur violence à l’égard de leurs frères noirs et de leurs grossièretés : des injures comme « fuck you » fusent de leur bouche.
Comme leurs idoles, ces jeunes de la nouvelle génération « G21 » ne jurent que par la violence, l’insolence.
Aliénés, acculturés, ils ne savent plus qui ils sont, d’où ils viennent, la grandeur de leur nom de famille, la valeur de leurs parents dans la société.
Les valeurs ancestrales de notre société tant prônées par nos aïeux ne constituent plus des modèles pour eux.
Ils ne s’identifient plus au Mali mais à l’Amérique.
A force de vivre dans l’illusion, l’ambiance et le matérialisme, ils deviennent des voleurs, des vagabonds.
Ces fils à papa, conduisant en état d’ivresse, fauchent des vies humaines, comme celle de notre regretté confrère le week-end dernier, et bien d’autres.
Dans sa parution du 30 Juillet 2008 dernier, le Nouvelliste attirait l’attention de l’opinion nationale sur le fléau qui ne cesse de prendre une ampleur inquiétante dans notre pays. Il s’agit de la présence des armes à feu dans les lieux de distraction des jeunes, plus précisément dans les boîtes de nuit. Vingt quatre heures après sa sonnette d’alerte, l’atmosphère si agréable de l’une des plus prestigieuses boîtes de nuit de notre capitale, « Ibbiza club » a été troublée par les actes de vandalisme d’un jeune Malien venu de l’hexagone pour ses vacances.
Son nom est Karim et serait un habitué du grabuge. Selon les fidèles mélomanes de cette boîte, il circule dans une voiture décapotable de luxe et se fait toujours accompagner par son fidèle ami (son pistolet) qui serait logé à l’arrière de son coffre. Le vendredi dernier, dans les environs de deux heures du matin, alors que les autres dansaient au rythme du « coupé décalé », du « fatigué ivoirien », du rap américain et autres genres musicaux, un accrochage éclata entre lui et un groupe de jeunes.
Karim tira à balles réelles sur ses adversaires.
Selon notre source, les agents de sécurité sont intervenus et les loubards se sont vite éclipsés.
S’il n’y a pas eu de victimes, cependant, il ressort des commentaires de notre source, des dommages matériels. Selon la même source, Karim réputé pour être un braqueur en France, n’en serait pas à son premier essai.
Au début des vacances, il aurait tenté les mêmes comportements hollywoodiens.
Le même Karim, certainement en manque de grandeur et en quête de réputation, serait très cruel à l’égard des dames qui l’accompagnent. Il n’y a pas une semaine, il aurait violenté sa compagne qui a été conduite d’urgence à l’hôpital.
Cette dernière serait une prostituée que Karim entretenait mais qui le trompait.
Ce night club, considéré par la presse nationale comme le fief des proxénètes, se trouve encore devant l’actualité comme un lieu dangereux.
Que vont faire nos autorités ?
Si leur part de responsabilité n’est pas à négliger du fait que les armes circulent dans la main des jeunes, il importe de souligner la responsabilité de certains parents.
Nous ne sommes pas USA, à la Jamaïque, au Brésil, au Mexique, ni même en Afrique du Sud.
Nous sommes au Mali, pays de valeurs culturelles ; et il est important que les parents deviennent les gardiens de ces richesses.
Rien ne peut se construire dans la facilité.
Les armes sont loin de faire d’un homme un intrépide.
A la place de l’amour, elles créent la méfiance et la crainte des autres.
Un mélange d’intelligence et d’endurance est la meilleure arme pour le développement. Les parents doivent être des repères en jouant leur rôle d’éducateur dans la douceur et le respect de certaines normes sociales.
Et les enfants doivent apprendre d’eux ces valeurs.
Mamadou Senou
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