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Après Accord et « ré accord »

Nord Mali

jeudi 24 juillet 2008 par Abdoulaye Niangaly

C’est ce qui ressort des négociations menées sous les auspices de l’Algérie entre le gouvernement et l’ADC. Mais, Bahanga et ses compagnons sont connus pour leur versatilité.

En effet des zones d’ombre planent sur le sort des prisonniers retenus et d’autre part sur celui des réfugiés.

Le simple fait d’avoir obtenu l’arrêt des hostilités est-il une source d’espoir pour la paix ? Il faut bien en douter. Il a été démontré à plusieurs occasions que les bandits armées n’ont aucun respect pour leurs propres signatures. Sinon, comment peut on comprendre que après les Accords d’Alger que Tinzawatine, Ansongo, Dogofri, Abéibara, Diabaly et récemment Tessalit soient lâchement attaqués au moment où l’opinion nationale et internationale pouvaient aisément constater le niveau d’exécution des accords. Du reste positif.

La bonne foi de nos autorités n’est pourtant pas discutable. Le comble de l’injure, pour un combattant de la paix comme Amadou Toumani Touré est de lui reprocher sa logique pacifiste. Le président ATT tenait donc coûte que coûte à soigner l’image et le prestige de notre pays.

Or Bahanga tient à faire passer notre pays pour une république instable et peu sûr pour les investisseurs.

Le chemin fut certes tortueux et semé d’embûches avec l’intrusion ratée de la Libye dans la médiation, les tentatives de connexion entre Touaregs maliens et nigériens, les nombreuses escarmouches entre les belligérants et l’avènement sans doute éphémère d’un nouveau groupuscule rebelle. Tout en privilégiant le dialogue comme axe principal de son approche dans la résolution du conflit, le président Toumani n’a toutefois pas transigé sur l’intégrité territoriale du Mali.

De même, il a renforcé la présence militaire dans le Nord, comme pour dire que le dialogue n’excluait pas la fermeté.

A cette lutte contre l’insécurité, le Mali a associé son puissant voisin algérien pour des patrouilles mixtes le long de leur frontière commune. Enfin, dans le registre de la démonstration de force, il ne faut pas occulter la présence discrète mais vigilante des États-Unis aux côtés du Mali dans leur stratégie de lutte contre le terrorisme. Cette pression militaire a sans doute son effet sur les rebelles qui ne bénéficient plus d’une grande sympathie auprès de l’opinion. Les soulèvements récurrents, pour un oui ou non, ont fini par désintéresser les Maliens d’abord, puis les Africains et, de plus en plus, les Occidentaux, de la lutte des Touaregs.

Revendiquer dans le cadre des institutions de la république, oui, car force doit rester au droit. Mais la rébellion armée, aussi justifiée soit-elle, ne peut plus être une voie de recours acceptable dans un pays aux vertus démocratiques reconnues. Avec le recours à la médiation algérienne, les conditions étaient réunies pour un gentleman’s agreement.

Le pays de Abdel Aziz Bouteflika est à l’origine du premier accord de 2006 entre les autorités maliennes et les rebelles. l’Algérie présente toutes les garanties d’un médiateur crédible dans la crise. Il n’ y avait donc pas de raison de la contourner.

Il reste à espérer qu’enfin, cet accord soit le bon, parce que chacun des signataires aura tenu parole.

Mais il bien difficile de faire avec un âne qui n’a pas soif.


 

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