Après le mensonge, place à la vérité
jeudi 9 octobre 2008 par Abdoulaye Diakité
Il a fallu un mois, puisque le bluff a été lancé en août, pour que la vérité éclate autour de la grande campagne d’intoxication que le premier vice-président de l’ADEMA PASJ et ses affidés ont menée.
En son temps, seuls contre tous, votre journal et son confrère du « Sphinx », avaient, par souci d’informer le lecteur, effectué un travail professionnel, qui les avait vus s’investir auprès des services susceptibles de donner d’amples informations. Des contacts avaient été pris dans un premier temps avec la propre famille de l’intéressé. Là, la réponse avait été sans ambages : « Nous ne sommes pas au courant d’une nomination de notre frère, qui est d’ailleurs présentement à l’étranger.
Nous-mêmes nous sommes en train de l’apprendre dans la presse », nous avait lâché un parent de Soumeylou. Par le même souci de pousser notre investigation, contact a été pris avec la cellule de communication de la présidence de la République. Mais là encore, ce fut l’étonnement rapport à cette sensationnelle information.
« Généralement quand il y a nomination, il y a une lettre circulaire qui fait le tour de l’institution, et qui indique la fonction et le rang de la personne nommée, mais dans ce cas-là, nous n’avons rien vu » nous a indiqué un membre de la cellule. C’est après toutes ces investigations et face à l’entêtement médiatique à vouloir nommer coûte que coûte l’ex-patron de la Sécurité d’Etat, que nous avions aussi pris attache avec le secrétariat général de la présidence de la République.
Ici, nos sources étaient formelles : « Il n’y a jamais eu de nomination de Soumeylou Boubèye Maïga comme conseiller spécial du président ATT avec rang et prérogatives de ministre, à ce que nous sachons ». Pour nous en convaincre, notre source précisait : « Lorsqu’il y a nomination par le président de la République, il y a un décret, qui est même publié dans le journal officiel, mais dans ce cas-ci, on n’en a pas vu.
C’est pour vous dire qu’il n’ y a jamais eu de nomination, sinon vous auriez vu le décret. D’autre part, le secrétaire général de la présidence ayant fonction et prérogatives de ministre, la nomination d’un conseiller spécial avec les mêmes qualités n’entraînera-t-elle pas un chevauchement conflictuel entre les deux personnalités ? ». Après ces vérifications au niveau de ces différentes sources, nous avions dit qu’au-delà de la campagne médiatique à grande échelle que l’ex-patron de la S.E menait pour intégrer le giron du président ATT, c’est bel et bien un piège que ce dernier doit éviter. Car par une telle nomination, le premier vice-président de l’ADEMA pouvait désormais narguer ses détracteurs de la Ruche en leur disant : « Eh bien, vous qui m’avez exclu du parti pour avoir présenté une candidature contre ATT en 2007……et aujourd’hui ? ».
Ce qui pourrait être une insulte à leur endroit et par voie de conséquence, entraîner des difficultés dans leurs rapports avec le président ATT. Dans notre approche, nous avons trouvé que Soumeylou est un ancien collaborateur du président ATT, mais que de là à le propulser au sommet de l’Etat après les circonstances tumultueuses de 2007, il y avait un pas que ATT ne devrait pas franchir, au risque de créer des problèmes avec les autres barons de l’ADEMA, voire avec toute la classe politique, qui lui a toujours été fidèle.
Certains étaient allés jusqu’à voir dans notre position, une main invisible qui serait contre la nomination de Soumeylou, lequel ferait peur. En fin manipulateur, Soumeylou qui est aussi journaliste de formation, ne pouvait faire usage d’une telle méthode pour se faire nommer par celui qu’il avait aidé à venir au pouvoir en 2002, mais qui l’avait mis à la touche pendant tout son premier mandat.
Même si le poste convoité n’a pas été obtenu, on peut dire aujourd’hui qu’il a atteint son objectif qui était de quitter le chômage technique de longue durée. Le voilà propulsé Président du Conseil d’Administration de l’APEJ, où il évoluera sous la tutelle de son rival de tous les temps, le ministre de l’emploi et de la formation professionnelle, Ibrahim N’Diaye. Vraie promotion politique ou humiliation ?
Abdoulaye Diakité
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