Attention aux « Sorcières »
mercredi 6 août 2008 par Moustapha Diawara
A voir certaines scènes devenues familières dans nos services publics, l’on se demande bien si le bout du tunnel pour notre pays est pour demain.
Elles sont pour la plupart des écolières ou étudiantes, leur emploi du temps journalier en cette période de grandes vacances est systématiquement consacré aux visites qu’elle effectue dans les bureaux des différentes structures de nos ministères et autres services d’Etat. A l’exception de quelques services où le contrôle est strict à l’entrée, ces filles ne manquent jamais d’audaces pour franchir n’importe quel portillon.
C’est pourquoi, on les appelle des « sorcières ».
Elles sont « distinguables » par leur mode d’habillement et leur accoutrement qui jure d’avec nos us et coutumes.
Ces sorcières là n’ont rien à envier aux « belles de nuit ».Ténus sexy, maquillage extravaguant…En plus, pour mieux se faire remarquer, elles s’introduisent toujours en vraies femmes d’affaires : téléphone collé aux oreilles, mépris à l’endroit de « la » secrétaire et aux autres visiteurs…
Aussi, elles se présentent toujours comme la cousine du patron, sans autant se soucier de la dissemblance généralement des noms de familles. Il faut dire qu’elles font l’affaire des chefs.
C’est eux qui leur donnent rendez-vous et n’hésitent pas à sacrifier leur emploi du temps pour satisfaire ces étranges visiteuses.
Elles sont insensibles aux remarques et se fichent des obligations de celui dont elles viennent voir. Plus graves, elles ne donnent jamais les motifs de leurs visites. Et quant, elles accèdent au bureau du chef, elles ne sortiront que plusieurs heures après, accompagnées par ce dernier. Ces scènes sont fréquentes dans la plupart de nos services publics, pour dire qu’on n’a même pas besoin de les citer au risque d’en oublier beaucoup.
Plus grave encore, aux heures de pause, il n’est pas rare de constater l’absence de certains chefs qui ne réapparaissent que le lendemain.
Laissant derrière eux plein d’affaires en instance et sacrifiant au passage des besoins de l’Etat sur l’autel de leur libido.
« Notre Directeur, n’est de bonne humeur qu’après les visites des petites filles. Il y’a de ces jours, où notre salle d’attente ressemble au centre Aoua Keita, tellement qu’elle déborde de jeunes filles » renchéri une secrétaire d’un service clé de notre pays.
En tout état de cause, il appartient aux parents de veiller sur leurs progénitures égarées en cette période de vacances.
Autrement c’est l’administration d’Etat qui en pâtira inexorablement.


