Bacorè Sylla tire à boulets rouges sur la Somatra et lui réclame son dû
lundi 1er septembre 2008 par Fatoumata Haïdara
L’histoire remonte au mois de mai où le Gouvernement malien, dans sa politique de prévention de la pénurie de denrées alimentaires sur le marché en cette veille de Ramadan, avait lancé un avis d’appel d’offres. Les géants du commerce import export de notre pays se sont jetés sur ce qui devenait pour eux un appât à saisir par tous les moyens. En la matière, comme chacun le sait, Bacorè Sylla s’est déjà acquis une renommée d’opérateur économique au grand cœur.
Suite à ses démarches, il parvient à conquérir la confiance de nos plus hautes autorités pour l’acheminement de 2000 tonnes de denrées céréalières dans notre pays en vue de pallier toute éventualité pendant le mois de carême. Très vite, le PDG du grand Grenier du Bonheur se rend compte que la mission n’est pas aussi facile qu’il le croyait. Il décide de tendre la main à la société malienne de transport du Mali pour l’acheminement des produits via le port autonome d’Abidjan. Cette volonté commune d’exécuter la mission fera l’objet d’un contrat, histoire de donner un sens juridique à leurs actes.
La Somatra accepte ainsi la collaboration pour la somme colossale de 75 millions CFA, avec paiement immédiat de 70% du montant à SOMATRA. Le reste de la somme étant payable que seulement à la fin de l’exécution du contrat ; c’est-à-dire après l’acheminement de tous les produits au Mali. En vertu des contraintes de ce contrat, le PDG du GGB verse à la SOMATRA la somme de 52 millions CFA 500 000 CFA qui constitue les 70% de la clause du contrat.
En versant cette somme, Bacorè passait ainsi le relais à la Somatra d’honorer à ses engagements mais, ce fut sans compter les vicissitudes que traverse ladite société.
Néanmoins, la Somatra se déploie tant bien que mal et fait avec12 camions une livraison de 680 tonnes, soit la moitié du tonnage. Ce seul voyage de la SOMATRA est estimé à 25 500 000. Après cette livraison, comme frappée par un sort maléfique, la Somatra s’arrête.
Cette situation devenait de plus en plus accablante pour Bacorè Sylla. Il contrôle ses nerfs suite à la prompte intervention de Bamadou Simaga, fondateur du groupe. Animé par le souci de ne pas trahir la confiance placée en lui par nos plus hautes autorités, Bacorè Sylla décide, dès ce jour, de revoir le contrat en approvisionnant la Somatra de carburant pour l’acheminement rapide des produits. Il appuie la société de transport du Mali par deux livraisons en carburant dont la 1ère fut effectuée le 16 juin 2008 en raison de 8 420 000 f CFA et la seconde, le 01 juillet 2008. En dépit de ces efforts, lesquels s’élèveraient à 20 millions de nos francs, la situation ne change pas. Toutes choses qui agacent GGB qui assistait impuissant le dégât. Consterné, abattu, Bacorè lui-même s’explique : « Plutôt que d’envoyer les camions à Abidjan pour transporter mes marchandises, la SOMATRA a préféré emprunter la destination de Dakar pour exécuter le marché d’importation d’autrui et de surcroît avec le carburant que j’ai acheté.
Pire encore, après les livraisons de carburans, mes agents convoyaient les camions de la SOMATRA à la sortie de Bamako. Une fois hors du territoire malien, mes agents font demi tour et la société SOMATRA en profitait pour réorienter les camions, toujours sur Dakar. C’est inadmissible et pas responsable ». Cette affaire atteste à suffisance la présence d’une race d’individus animés de mauvaise qui doivent être extirpés de notre société. Leurs actes déshonorent et nuisent à la réputation de leurs supérieurs, qui, parfois, ignorent tout de la malversation.
Ne serait-ce pas le cas des transporteurs de la Société Malienne de Transport ?
Bamadou Nimaga était-il au courant du vol commis par ses agents ?
En tout cas Bacorè sylla réclame la somme de 45 610 500 f CFA représentant le reliquat des montants versés à la SOMATRA (52 500 000 f CFA), plus la vingtaine de millions injectée dans le carburant. Soit en tout 71 110 500 f CFA. Pour l’instant, il ressort de notre investigation la livraison de 680 tonnes seulement par la Somatra ; même pas la moitié ! s’indigne le patron de GGB.
Qui de Bacorè Sylla ou de la Somatra a raison ?
Nous nous sommes faits le devoir d’en savoir en se rendant au Camp I le jeudi 21 août dernier. Le spectacle auquel nous avons assisté, où les responsables de Sotrama se trouvaient en face de l’adjudant chef Kananbary pour audition, nous rend très sceptique quant aux versions avancées dans les journaux par eux pour blanchir leur société.
Il faut, par ailleurs, souligner que concernant le dossier des 502 750 000 f CFA dont fait cas la SOMATRA, Bakorè Sylla se justifie en affirmant que toute cette somme a été remboursée, avec un acquittement du Tribunal de commerce de Bamako le 07 juillet 2006, présidé en son temps par Fatoma Théra.


