C’est dans une situation particulièrement difficile que El Hadj Bakary Coulibaly a appris à évoluer dans le secteur de la médecine traditionnelle. Car, l’homme affirme avoir été invité à rentrer au pays par sa mère. Laissant derrière lui ses affaires qui commençaient à prospérer, l’homme est rentré au bercail, à N’Jila dans la commune rurale de Niamina, région de Koulikoro. Sa mère (déjà âgée) lui transmet des secrets médicaux d’une plante qu’elle lui a présentée comme le remède de plusieurs maladies.
En l’espace de quelques années, par ses guérisons, Bakary a fait retrouver la joie de vivre à de nombreux malades et à leurs familles. Sa réputation est telle qu’il doit déménager en un lieu plus propice au développement de son entreprise.
C’est ainsi que l’homme s’est retrouvé à Sénou Sibiribabougou où il a crée ce qu’il appelle « sa première base ».
Là, l’homme a compris que le guérisseur doit plutôt aller vers les malades que de les attendre chez lui. Et il a réussi un pari : celui de permettre aux malades de se soigner à moindres frais avec des produits naturels constamment disponibles.
En 2006, El Hadj Bakary Coulibaly emploie plus de 200 jeunes. Tout comme à Sénou Sibiribabougou, il a des employés dans les régions de Ségou, Sikasso, Mopti et Koulikoro (Dialakorodji Farada, Baguinéda), le cercle de Niono et d’autres villages. Dans toutes ces localités les représentants de l’homme, (ruraux et urbains de tous les niveaux d’instruction) sont faciles à identifier. Ils évoluent avec des motos de type CG 125 communément appelées « Dragon » équipées de micros chargés de diffuser le message publicitaire bien caractéristique de ce fin marchand et où sont chargées les bottes de plantes.
C’est avec le quitus des structures officielles de la pharmacopée que Bakary Coulibaly, qui a investi la capitale et plusieurs grandes villes du Mali, opère.
Tous ses employés sont munis d’une autorisation délivrée à cet effet. Généralement, les médicaments de M. Coulibaly sont cédés à 100 FCFA non remboursables.
Un principe qui est en vigueur même dans les officines.
Cette part du contrat, il tient toujours à l’ajouter en disant qu’il n’est ni marabout ni géomancien pour garantir la santé aux malades. « Mes produits et moi ne sommes que des esclaves, Dieu seul est capable de guérir », martèle-t-il. Il a des connaissances avérées dans le domaine des décoctions. Comme pour dire qu’à l’instar de tous ceux qui soignent, il a une obligation de moyen et non de résultat.
El Hadj Aboubacar dit Bakary Coulibaly s’est spécialisé dans le traitement de maladies comme le paludisme, l’hypertension artérielle, les ulcères d’estomac, les maladies cardiaques, celles de la vue et des oreilles, les maux de dents… Polyglotte, Bakary confectionne ses supports de communication en plusieurs langues nationales, histoire de mettre tout le monde au même niveau d’information dans son marketing.
Cependant, dans son initiative privée, M. Coulibaly est confronté à des maux qui ont pour noms le plagiat et la contrefaçon. Des personnes malintentionnées s’approprient frauduleusement certaines de ses cassettes qui leur servent d’étiquettes et qu’ils utilisent pour des desseins scabreux. Il arrive que certains employés disparaissent avec la moto. Pour l’heure, même si El Hadj Aboubacar dit Bakary Coulibaly fait son petit bonhomme de chemin, il reste entendu qu’il n’a, jusque-là bénéficié du concours financier d’aucune banque ni d’aucun partenaire.
Les motos (200 environ) qui servent d’instrument de travail ont été acquises avec le fruit de la vente.
Un petit coup de main des services en charge de la promotion de l’emploi permettrait à l’homme d’être présent dans d’autres localités du pays et d’y créer des emplois pour les jeunes.
Markatié Daou
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