Beaux paysages de campagne
mercredi 13 août 2008 par M. COULIBALY
Dans cette localité, c’est le paysan Abdoulaye Diarra qui a eu l’honneur d’accueillir la délégation ministérielle dans son champ, une parcelle de 7 hectares, dédiée à la culture du mil avec la technique dite "zaï". Celle-ci consiste à récupérer les terres appauvries en y creusant de petits trous dans lesquels le paysan dépose de la fumure organique.
Des cordons pierreux disposés perpendiculairement permettent de freiner le ruissellement de l’eau de pluies. Les substances nutritives transportées par les eaux se déposent en saison sèche dans les trous creusés.
ACTIVITE LUCRATIVE. Le paysan attend l’hivernage pour semer dans ces trous qui renferment des éléments nutritifs indispensables au développement des cultures. La technique est également considérée comme une méthode de défense, de restauration et de conservation des sols. Abdoulaye Diarra a expliqué que le terrain qu’il exploite aujourd’hui était totalement abandonnée en raison de la pauvreté d’un sol lessivé par les eaux de ruissellement. Avec la nouvelle technique, plusieurs paysans du village retournent sur des terres jadis stériles.
Du champ de Abdoulaye Diarra, la délégation s’est rendue dans une pépinière d’arbres fruitiers, de bois de service et de plantes médicinales. Le propriétaire des lieux est le vieux Yaya Diarra. Celui-ci explique avoir embrassé cette activité après avoir constaté que les populations (notamment les femmes) parcourent des distances de plus en plus longues pour s’approvisionner en bois de chauffe ou de service. La sécheresse et les coupes abusives des arbres ont considérablement et durablement appauvri l’environnement. Pour remédier à cette situation, Yaya Diarra a décidé de se lancer dans la production de plants d’arbres. Actuellement, sa pépinière dispose de plus de 400 000 plants d’arbres toutes espèces confondues.
L’activité est si lucrative que le vieil homme a fait beaucoup d’émules : 25 à ce jour. Ils sont regroupés en association, s’entraident et échangent leurs expériences. Des ONG ou programmes de développement qui opèrent dans la zone ont vite perçu l’importance de l’activité et organisent des sessions de formation pour ceux qui ont embrassé le métier. Parmi ces projets, on peut citer le Projet d’appui au développement rural de la Région de Mopti (PADER) qui a formé une dizaine de pépiniéristes. Ceux-ci ont également bénéficié de petits équipements.
Le PADER est aussi le bras financier du périmètre moyen de Sofara où la délégation s’est ensuite rendue. Le chantier de ce périmètre est à l’arrêt, l’hivernage empêchant le déplacement des engins de travaux. L’aménagement de ce périmètre de 474 hectares financé conjointement par la Banque africaine de développement (BAD) et notre pays, coûtera plus de 2,8 milliards Fcfa. Le chantier doit durer 15 mois.
L’entreprise chinoise CGC en charge des travaux promet de livrer le périmètre pour la prochaine campagne agricole (2009/2010). Les travaux qui ont démarré en février dernier consistent en la réalisation du périmètre et la construction d’une station de pompage.
DEUX NOUVEAUX PROJETS. À Madiama, son étape suivante, Tiémoko Sangaré s’est entretenu avec les paysans de toutes les zones réunis pour l’occasion. Ceux-ci ont salué l’Initiative riz en réaffirmant leur adhésion à la politique de développement de la culture du riz.
Les producteurs ont confirmé avoir reçu dans le délais les engrais et les équipements prévus dans le cadre de l’Initiative. Leur inquiétude majeure réside dans le déficit de pluies amorcé depuis quelques semaines. La présence d’oiseaux granivores a aussi été signalée par des paysans qui demandent plus d’équipements pour pouvoir produire davantage.
Tempérant les inquiétudes, le ministre Sangaré a promis une accélération du programme des "pluies provoquées" et des dispositions pour circonscrire la menace des oiseaux granivores.
Analysant sa tournée dans la Région de Mopti, le ministre a jugé satisfaisante dans l’ensemble la physionomie de la campagne, grâce en partie au fait que les paysans ont suivi les conseils des encadreurs. L’espoir est donc permis pour une bonne campagne.
La Fonds des Nations unies pour l’agriculture (FAO) soutient financièrement l’Initiative riz. Sa représentante résidente dans notre pays, Mme Mariam Mahamat Nour, partage l’optimisme du ministre. Elle a, en sus, annoncé que notre pays bénéficie d’un projet financé sur les fonds propres de la FAO à hauteur de 500 000 dollars américains (environ 212,5 millions Fcfa) pour la production du riz de contre-saison afin de soutenir l’Initiative riz.
Dans un proche avenir, a-t-elle également annoncé, un autre projet d’un montant de 750 000 dollars (environ 318,7 millions Fcfa) sera également mis en œuvre par la FAO, toujours dans le cadre de l’Initiative. Ce financement est assuré par la Suède à la suite d’une sollicitation du directeur général de l’organisation onusienne, Jacques Diouf.
Ces annonces confortent l’Initiative riz et la pertinence des choix des pouvoirs publics.


