Ce qu’en pensent Ahmed Sow et Pierre Jacquet
lundi 22 septembre 2008 par Abdoulaye Diakité
Le développement durable, selon le premier conférencier, Ahmed Sow, est considéré au Mali comme la satisfaction des besoins élémentaires des populations.
Ces besoins sont multisectoriels et trouvent surtout réponse dans le Programme de Développement Economique et Social (PDES) du président de la République Amadou Toumani Touré. Un programme qui ambitionne de procurer à tous les Maliens de l’eau potable, une alimentation saine et abondante, des soins de santé et une éducation. Sur ce dernier chapitre, le ministre Sow s’est bien réjoui du taux de 65% de scolarisation réalisé dans notre pays. Mais cette scolarisation quantitative doit s’accompagner de la qualité et surtout d’une adaptation de l’école à nos potentialités existantes, comme par exemple la création d’une section Mines à l’ENI, quant on sait que le sous-sol malien regorge d’or, de bauxite, de manganèse, de phosphate, d’uranium, de fer etc. Le Mali étant un pays agricole par excellence, il serait intéressant de réconcilier les jeunes avec la terre, et sur ce plan, l’on ne pourra que saluer les actions du département de l’emploi et de la formation professionnelle, à travers le projet « marche vers l’emploi agricole ».
Mais pour Ahmed Sow, les potentialités du Mali ne se limitent pas là, il y a aussi le secteur touristique, qui soutient le développement de nombre de pays à travers le monde, où notre pays est sûrement appelé à occuper une place de choix.
Le cas de la Tunisie en la matière suffit pour s’en convaincre.
Les infrastructures de désenclavement du pays sont aussi d’une importance capitale, car elles sous-tendent la promotion des autres secteurs de développement, et pour ça, le Mali ne lésinera pas sur les moyens pour traduire ces ambitions en actes concrets.
Il y va de même pour le transport fluvial, avec ce joyau naturel qu’est le fleuve Niger. L’énergie renouvelable ne sera pas en reste, avec un important projet en vue avec nos voisins guinéens.
L’intégration africaine et sous-régionale est aussi parmi les facteurs pouvant faire recette en matière de développement durable, avec la mise en place d’axes de développement. Le ministre Sow, signifie que le développement durable pour un pays comme le nôtre s’obtiendra qu’en créant un environnement propice à l’émergence du secteur privé, même si cela n’empêche pas le conférencier d’attribuer un rôle central à l’Etat. L’insertion des jeunes et des femmes dans les circuits de production ; la lutte pour une souveraineté alimentaire figurent en bonne place dans les propositions de développement durable du ministre Ahmed Sow. Des propositions somme toute PDES bon teint et à la réalisation desquelles le gouvernement actuel s’attelle.
Le ministre Sow a réitéré sa ferme volonté d’injecter 1000 MW dans le parc énergétique malien, d’ici 2012 en dégageant les potentialités qui existent à cet effet.
Quant à M. Pierre Jacquet, il estime que le développement durable n’est pas un gadget mais un concept profond qui demande une connaissance technique. Il n’ y a pas une seule voie de développement pour tous les pays, a-t-il reconnu, mais il existe des points communs comme le rôle central de l’Etat, et des défis communs qui sont l’œuvre d’actions communes internationales, comme par exemple le réchauffement climatique.
Il prône une protection de la biodiversité, une vision intégrée de développement, une réconciliation des petites approches sans secteur prioritaire, car, avance t-il, le développement durable est un développement de pair de tous les secteurs.
Abdoulaye Diakité
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