Créée l’année dernière par la chaîne de télévision « Africable », l’émission télé-réalité « Case Sanga » se veut un évènement culturel, facteur d’épanouissement humain et de promotion de l’emploi des jeunes africains. Espace de divertissement, mais également d’intégration africaine, elle s’inscrit dans l’objectif des organisateurs de découvrir des artistes en herbe d’Afrique (de 18 à 26 ans) afin de les accompagner au niveau national et international.
A en croire le Président-Directeur général de la chaîne de télévision « Africable », M. Ismaël Sidibé, au cours d’une récente conférence de presse, la tenue de cette 2ème édition en partenariat avec Fanaday Entertainment, et Multiprod, participe de l’engouement suscité par la première édition, qui a regroupé plus de 300 participants et l’émergence de jeunes talents comme Mohamed Diaby, Mahamadou Dembélé dit « Dabara », Cheick Sirima Sissoko, Pamela Badjogo et Fatoumata dite Sira Diop. « L’émission « Case Sanga » est une initiative de développement de la culture africaine, d’épanouissement de la jeunesse du continent, d’intégration sous-régionale et d’amitié entre les peuples africains », explique le numéro un de la chaîne de télévision au cours d’un dîner de presse tenu la veille de la manifestation. Pour M. Sidibé, cette 2ème édition de la manifestation, parrainée par l’artiste franco-malien Mokobé Traoré, aura coûté la bagatelle de 365 millions de francs CFA. Les corrections nécessaires Les cinq candidats maliens (au départ de l’émission) devraient se disputer en effet le trophée (d’une valeur de 5 millions, contre 1 million pour le 2ème), avec leurs homologues de la Guinée Conakry, du Burkina Faso, du Sénégal, du Niger, et de la France, respectivement représentés par 2 et 1 candidats. Au total, 14 candidats s’étaient lancés à la conquête du prestigieux trophée de l’édition 2008 de l’évènement. Ces 14 candidats seront parrainés par Mme Fati Mariko du Niger, Sékouba Kandia Kouyaté de la Guinée Conakry, Amity Meria du Burkina Faso, Baba Maal du Sénégal, et Babani Koné du Mali. Comme pour dire que cette nouvelle édition de l’émission culturelle promet d’être riche en couleurs, au grand bonheur de la promotion de la culture africaine et de l’intégration entre les peuples du contient. Seulement voilà. Un mois après le début de l’évènement, nous sommes en droit de révéler qu’il existe de nombreuses insuffisances auxquelles les organisateurs doivent faire face.
En clair, le cinquième prime time de l’émission, prévu ce mardi, se tient au moment où de plus en plus la nécessité s’impose de corriger ces lacunes.
Cette correction est d’autant plus nécessaire qu’elle constitue le passage obligé pour l’atteinte des objectifs recherchés.
Au nombre de ces copies à revoir figure en premier lieu l’acquisition d’une sonorisation digne de l’évènement. Les spectateurs du prime time de mardi dernier ont eu la désagréable surprise d’assister à une piètre prestation du staff sono.
De telles pannes de micro ou autres problèmes d’ordre technique cassent véritablement l’engouement du public grâce auquel la manifestation se tient. Pis, pour des artistes en herbe comme les candidats de cette compétition, les problèmes techniques du genre affectent sérieusement la qualité de la prestation. Assanatou Keïta du Mali, éliminée d’ailleurs de la course depuis mardi, a-t-elle été victime de cette piètre sonorisation ?
Beaucoup d’observateurs le croient en effet. Montée sur scène et visiblement très en confiance bien qu’elle ait été nominée à l’issue du 3ème prime time avec Abdoulaye Latif N’Diaye du Sénégal, elle aura été confrontée à ces « aléas » de la technique jusqu’à trois reprises.
Aussi, s’agissant du plaisir des spectateurs, les organisateurs prennent l’habitude d’annoncer des artistes de grande renommée pour les différents prime-time. Malheureusement, ils ne sont jamais là à la grande déception du public. Par exemple, pour les deux précédents prime-time, il a été respectivement annoncé la présence de l’artiste sénégalais Alioune M’Bayeder et le Groupe de rap « Yelen » du Burkina Faso. Le faux bond, ou le bluff des organisateurs a provoqué la colère de certains, dont la plupart avaient pris le ticket d’entrée uniquement pour ces artistes.
Deux Maliens éliminés, un menacé
Il y a aussi un aspect non moins négligeable dont on parle très peu au cours de cette 2ème édition de « Case Sanga ». C’est surtout les critères de notation. Pour une émission, dont l’objectif est de valoriser la culture africaine à travers les jeunes talents, l’interprétation de chansons d’artistes africains est aussi capitale que les autres exigences de la compétition.
On imagine mal alors dans cette émission un candidat interpréter une chanson de Céline Dione ou d’autres artistes européens.
Mieux, dans une compétition dont les critères de notation sont aussi rigoureux (l’ajustement du ton, la capacité d’improvisation et l’occupation de la scène), la grande part de l’appréciation ne doit pas être laissée au public qui occupe 60% (par vote SMS) contre seulement 40% pour les cinq membres du jury. Nous estimons que la tendance doit être inversée afin que le sérieux et la rigueur priment sur le folklore et l’assimilation.
L’envoi des seuls SMS ne peut constituer la principale chance d’un candidat face à l’oeil de professionnels en la matière (le jury). Surtout quand on sait que les SMS sont gérés de façon discrète qui ne laisse aucune chance, même aux plus curieux, d’en savoir plus.
Ceci explique-t-il la débâcle des candidats maliens malgré leur bonne prestation jusque-là ? Beaucoup d’observateurs le croient. Car, selon toute vraisemblance, rien ne pouvait justifier l’élimination mardi dernier de la candidate malienne Assanatou Keïta face à une piètre prestation du Sénégalais Abdoulaye Latif N’Diaye, avec lequel elle était nominée à l’issue du 3ème prime time. S’agit-il d’une débâcle organisée des candidats maliens ? s’interroge d’ailleurs notre confrère du magazine « Bamako-Hebdo » dans sa livraison du vendredi dernier. Selon le confrère, toute la gestion des SMS passe entre les mains du patron de « Africable », qui a décidé « d’organiser une véritable chasse aux candidats maliens ». Motif, poursuit le confrère, l’homme compte mordicus faire appliquer sa volonté de faire représenter chaque pays par deux candidats. « Super intelligent, certaines émissions de la chaîne de télévision ont été mises à contribution, telle « Parole de Grin » qui a préparé l’opinion à l’élimination de « Assy » (Assanatou Keïta) », a expliqué notre confrère.
L’autre candidat malien Ousmane Toumani Diakité (nominé avec Mariam Dioubaté de la Guinée Conakry) subira-t-il le même sort ce mardi ? Tout porte à le croire. Il porterait alors à trois (sur cinq), le nombre de candidats maliens déjà éliminés après celles de Ibrahim Molobaly Théra et de Assanatou Keïta.
Qui de Mariam Dioubaté et Ousmane Toumani Diakité quittera à son tour la case ? La réponse c’est ce mardi au Palais de la culture où le verdict du jury et le vote par SMS du public seront décisifs.
Rappelons qu’à ce jour 12 candidats restent dans la compétition.
Il s’agit notamment de Amadou Diabaté dit « ATT » (artiste tout terrain) du Burkina Faso portant le numéro K1, le K2 porté par Ami Kanté de la Guinée, Alou Sangaré du Mali avec le dossard K3, le candidat sénégalais Abdoul Latif N’Diaye , K4, tant dis que la Malienne Fanta Sayon Sissoko du Mali et son homonyme du Sénégal portent respectivement les dossards K6, et K7, la Nigérienne Fridda Emile Nassar le K8, Patricia Kambou Mini du Burkina Faso le K10, la candidate de la diaspora Mandjoula Manga de France le K11, Mariam Dioubaté de la Guinée le K12, tant dis que Ousmane Toumani Diakité du Mali et la Nigérienne Ornela portent respectivement les dossards K13 et K14.
Issa Fakaba SISSOKO
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