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Crise scolaire

mardi 23 septembre 2008 par Alou Daou

Quelles en sont les principales causes ? Là dessus, Drissa Diakité, professeur à l’université de Bamako a rompu le silence. Lisez-plutôt.

Pour le professeur Diakité, le régime démocratique a chuté, les libertés publiques se sont élargies, mais l’école électrocutée par l’ancien système est restée debout.

Selon lui, au moment où on réclamait le changement à cor et à cris, l’école n’a pas connu de bouleversement majeur. Certes, un débat national sur les plans d’urgence ont été conduits, mais sans aboutir à aucune réforme institutionnelle.

Ainsi dira-t-il, l’école a continué à être un cadre de vie et de travail inadapté à l’environnement culturel, aux besoins d’éducation et de formation, et même aux besoins économiques de la société. En effet, l’école est transplantée dans un milieu auquel elle n’a pas fait l’effort de s’intégrer. Ses programmes et curricula sont venus d’ailleurs, ils sont le reflet de réalités d’ailleurs.

Ceci expliquant cela, elle offre aussi un cadre de vie incompatible avec les besoins de formation et d’épanouissement, même individuelle. Dans la grande majorité des cas, dira le professeur Diakité : « elle est surpeuplée avec un ratio classe par élève de 1/70 ou plus. L’école est insalubre avec des manques fréquents de latrines ; elle est dans un piteux état physique avec des classes sans toits et sans fenêtres, avec des mobiliers cassés ou tout simplement manquant ». En plus ajoutera-t-il, « l’école manque cruellement de matériels didactiques. Elle n’offre donc pas de conditions descentes d’étude et de travail, ni pour les élèves, ni pour les enseignants. Elle est plutôt source de tension ».

Pour le professeur, l’école, en raison des programmes inadaptés et des conditions matérielles d’étude obsolète, est inapte à satisfaire les conditions d’une insertion socioprofessionnelle rapide des jeunes diplômés. « Voilà pourquoi, l’objectif des étudiants de carrière est de bénéficier le plus longtemps possible de ce pécule qu’et la bourse et qui aide à vivre », a-t-il expliqué. Les revendications corporatistes Selon le professeur, l’incapacité de l’école à satisfaire les besoins de formation et à répondre aux besoins d’insertion socio-professionnelle des jeunes en ont fait naturellement un nid de revendications et de contestations.

Pire, compte tenu du réseau dense qu’il représente, a vite fait d’enserrer tout le pays. C’est ainsi que depuis 1990 l’école malienne est prise en tenaille entre les feux croisés des revendications estudiantines.

Selon lui, les revendications estudiantines initiales telles que consignées dans le mémorandum AEEM-Gouvernement du 11 avril 1991 exigeaient entre autres : l’augmentation des bourses de l’ordre de 75% ; la réintégration des bourses dans les établissements d’enseignement général, technique et professionnel dès octobre 1991 ; la réouverture dès octobre 1991 des internats dans 6 lycées et 4 établissements d’enseignement supérieurs ; l’ouverture des cantines scolaires sur l’ensemble du territoire national. A ces points s’ajoutent, le recrutement d’enseignants de qualité et en nombre suffisant ; la suppression du système de la double vacation et de la double division dans l’enseignement ; l’équipement des laboratoires et des bibliothèques dans tous les établissements pour le bon déroulement des travaux pratiques ; la reprise des étudiants renvoyés pour insuffisance de travail.

M. Diakité dira que l’Etat a largement honoré sa signature, si l’on se tient au Mémorandum.

Mais, le problème c’est que chaque année, de nouvelles revendications surgissaient lors des congrès annuels de l’AEEM, dont certains portaient atteinte aux normes élémentaires de fonctionnement administratif et académique de l’école !

Ainsi par exemple, dira-t-il, l’exigence de prendre des élèves exclus pour indiscipline caractérisée ou insuffisance de travail, ou encore le refus de se soumettre aux évaluations telles que prévues par les instances académiques sont devenus des moyens de pression. Pour lui, tout se passait et se passe parfois encore comme si l’école devait désormais fonctionner selon le seul bon vouloir des dirigeants de l’AEEM : « quand les congés scolaires leur paraissaient trop courts, ils décidaient de les allonger, quand le calendrier des examens ne leurs plaisaient pas, ils décident d’en changer ».

Cela entrainait des conflits fréquents avec les enseignants et faisait peser des menaces sur la validation de l’année scolaire, a-t-il expliqué.

Par ailleurs, il faut noter qu’à coté des revendications estudiantines surgissent celles des enseignants paralysant du coup le bon déroulement des années académiques. Par exemple la rétention des notes au niveau supérieur par le syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP).

Le cas de la Coordination des Syndicats de l’Enseignement Secondaire (Co.S.E.S).

Il faut rappeler que cette centrale syndicale n’a pas évalué tout au long de l’année académique 2007-2008 à cause des revendications s’articulant autour des points suivant : l’octroi d’une indemnité de logement aux travailleurs de l’enseignement secondaire ; l’intégration des contractuels à la fonction publique ; la relecture de l’article 60 relatif à la loi d’orientation de l’éducation ; la relecture du décret N°03 324 du 10 août 2003 portant statut particulier du personnel enseignant fondamental et de l’éducation scolaire et spéciale ; la rémunération de l’évaluation de la formation modulaire ; le Paiement avec rappel de l’incidence financière de l’augmentation de la valeur indiciaire des professeurs contractuels à partir du 1er janvier 2007.

A suivre…


 

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