Ce qu’on nous cache
jeudi 19 juin 2008 par Abdoulaye Niangaly
En effet, dans une correspondance en date du 11 juin 2007 adressée à la représentation de la Banque mondiale au Mali, le ministre de l’économie et des finances Abou Bakar Traoré écrivait ceci : « j’ai l’honneur de vous adresser, ci-joint, le projet de contrat, présenté en conseil des ministres du 6 juin 2007, visant à confier à la société Alex STEWARD International LLC l’audit des activités de production et d’exportation des sociétés minières au Mali.
Je vous serait très obligé de me faire connaitre vos observations sur ce projet et m’indiquer si le Mali peut compter sur votre aide financière à la conclusion de cette convention qui revêt une importance particulière pou l’économie et les finances publiques maliennes… » La même requête a été adressée à la représentante de la délégation européenne.
Mais tenez vous bien. Les deux institutions ont poliment mais fermement rejeté la requête du ministre Abou Bakar Traoré. Les arguments opposés sont sans ambages et se passent de tout commentaire. En effet, dans sa réponse Alassane Diawara Représentant Résident de la Banque Mondiale écrit : « …Après examen de cette requête, nous signalons à votre attention que de telles possibilités pourraient exister si les prestations y afférentes avaient été convenues et définies dans le cadre d’un projet donné sur financement de la Banque Mondiale et si les procédures de sélection de consultants y afférentes, y compris la publication d’annonces, avaient été conformes aux directives applicables à la sélection et l’emploi des consultants par le Emprunteurs de la Banque mondiale. En l’absence de telles dispositions, nous avons le regret de porter à votre connaissance, que le contrat en question ne pourrait être financé sur les ressources de la Banque mondiale…
Quant à Irène HORESJ ; chef de la délégation de l’Union Européenne, elle répond ce qui suit : « …En effet, nos procédures ne nous permettent pas de financer un contrat avec une société déjà présélectionnée.
De plus, il me semble que l’activité de cette société, assimilable pour partie à une société de certification des exportations, pourrait être financée sur la base d’un intéressement aux redressements liés à ses constats et/ou à l’augmentation des quantités d’or exportées déclarées après contrôle. A défaut, et s’agissant d’une activité de moyen à long terme, le financement sur le budget de l’Etat nous semble plus approprié car l’activité de cette société devrait permettre d’améliorer les recettes non fiscales… »
A l’analyse, il apparait deux choses bien claires.
D’abord, le marché attribué à ALEX STEWARD n’a pas été transparent.
Ensuite, le ministre n’a pas tout dit ou il a tout caché. Pourquoi ? La réponse dans nos prochaines éditions.


