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Ce que doit réussir l’équipe de Salikou Sanogo

FORUM NATIONAL SUR L’EDUCATION

lundi 20 octobre 2008 par Abdoul Karim Maïga

A ce titre, ils doivent procéder avec minutie pour cerner tout ce qui constitue un handicap à la quiétude dans l’espace scolaire et universitaire.

L’idée de ce forum national sur l’éducation (certes pas une panacée), qui fait suite à d’autres rencontres autour du même sujet, apparaît comme la meilleure trouvaille pour circonscrire les maux dont souffre notre école. Pour preuve, elle a impliqué toutes les sensibilités des couches socioprofessionnelles aux fins de converger vers une solution pérenne. Notre salut à tous dépend, même si d’aucuns pensent qu’ils ne sont pas concernés, de la réussite de ce conclave autour de notre système éducatif. Nous pensons qu’il y a une nécessité impérieuse de dresser les points que nous estimons essentiels, même si l’énumération n’est pas exhaustive.

La gestion de la pléthore D’année en année, le nombre d’élèves enregistrés dans les structures scolaires et universitaires du Mali va grandissant. Il a été constaté que malgré les immenses efforts consentis par le Gouvernement à travers les ministères en charge de la question, les besoins restent encore énormes. Pour donner sa chance à un plus grand nombre d’élèves, les autorités de l’Education sont même parfois obligées d’accepter des effectifs excessifs par classe, au détriment des normes pédagogiques. On attend évidemment du forum des propositions de solutions à cet épineux problème.

Contenir les mouvements syndicalistes Plusieurs syndicats se côtoient au sein de l’Education nationale. Chacun de ces syndicats renouvelle tous les ans ses doléances. Des revendications dont la satisfaction est beaucoup tributaire de la conjoncture économique et dont le résultat est, malheureusement, de mettre à mal tout un système déjà fragilisé par l’agitation estudiantine, à l’image de ce qui se passe à la FSJP. Combattre l’anarchie au sein de certains établissements privés Dans un souci de décongestion des structures publiques, le gouvernement malien a prévu certains textes autorisant la création d’établissements privés par des particuliers qui ont les moyens de le faire et qui sont tenus de se conformer à certaines normes.

Ce qui a occasionné la création, en un laps de temps, de plusieurs écoles privées.

Après l’ouverture d’une école privée, il reste entendu que le gouvernement, dans ses dispositions, envoie des Inspecteurs généraux sur le terrain pour des séries d’évaluations qui doivent indiquer à terme si ladite structure mérite d’être maintenue. Ces commis de l’Etat sont dans la plupart des cas corrompus par les différents promoteurs. Les structures privées sont nombreuses à respecter les textes de création. Mais elles foulent plutôt au pied les règles de fonctionnement notamment au plan pédagogique.

Au sein de beaucoup d’établissements privés, on se soucie plus de gonfler les recettes de l’école que de fournir une éducation au sens pédagogique du terme. Les notes de complaisance sont monnaies courantes. Les élèves se retrouvent avec des moyennes qu’ils n’ont jamais méritées. Une manière de faire apparaître l’établissement comme performant. C’est de là que les écoles les plus huppées de la capitale tirent d’ailleurs leur réputation. A ce niveau, l’enseignant, pour ne pas perdre son contrat, se plie volontiers à la volonté de ses élèves en matière de notation.

Pour éviter des frais énormes, les promoteurs préfèrent les services des professeurs n’ayant reçu aucune formation pédagogique. Des difficultés que les commissions de Salikou Sanogo ne devront pas occulter. Dénoncer la non homologation de certains diplômes Les écoles privées poussent en République du Mali comme des champignons. Certaines de ces structures sont des initiatives privées soutenues par des partenaires extérieurs.

C’est pourquoi, les promoteurs de ces écoles n’hésitent pas à mettre le paquet pour créer un environnement favorable aux études. Mais malheureusement, ce sont des structures qui forment au chômage. Sans citer d’exemple, vont conviendrez avec nous que le diplôme de ces écoles que tout le monde connaît ne permet pas de se présenter au concours d’entrée à la Fonction publique. Même si elle n’est pas le seul point de chute, il reste entendu que la participation à un concours d’envergure nationale revient de droit à chaque fils de ce pays. On va peut-être dire qu’il y a le secteur privé qui embauche les détenteurs de ces diplômes.

Mais, combien sont-ils à avoir cette chance ?

Le forum devra réfléchir à ce problème, au risque d’être un forum de plus.


 

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