En effet, depuis maintenant plusieurs mois, le parti de l’ex candidat malheureux aux élections présidentielles de 2002, traverse une crise sempiternelle.
Le dernier congrès qui avait suscité un certain espoir chez les militants et sympathisants du parti, s’est soldé malheureusement par la concrétisation des frustrations, amertumes, et rancœurs au sein des cadres du parti. L’impitoyable guéguerre qui a opposé Oumar Ibrahim Touré et Younoussi Touré, a été saupoudrée à Ouaga sous la tente de l’inamovible baron. Il s’agit bien de Soumaïla Cissé. En principe, il appartenait à lui et à lui seul, de sortir le parti du traquenard. Hélas ! il s’est plutôt contenté des conciliabules des vestibules. Une logique qui avait au moins ceci de salutaire.
Réunir, fédérer les forces vives de la deuxième force politique du Mali. Mais, la situation et le niveau du mercure au sein de la dirigeance étaient d’autant plus confuses, et lourdes de menaces qu’il n’y avait aucune visibilité.
De part et d’autre, les tendances dissimulaient les couteaux sous les boubous. Le principal chef d’orchestre, c’est-à-dire le manœuvrier n’avait pas les ressources nécessaires pour trancher loyalement l’absurde mésentente. Soumaïla Cissé s’est contenté de jouer à l’équilibriste. Alors qu’on sait qu’il a un complexe subjectif vis-à-vis de Younoussi Touré. Il a subitement rabattu les paupières sur les défaillances de ce dernier.
Par rapport à Oumar Ibrahim Touré, principal bailleurs de fonds local du parti, il voue une méfiance difficilement justifiable.
En réalité, Cissé pense même sans l’avoir avoué que Oumar Ibrahim a des ambitions présidentielles pour 2012. Ces paramètres ne laissent aucune chance à la cohésion au sein de l’URD. Pourtant, à jugé de l’audience et de la crédibilité des deux Touré, on se rend aisément compte que Oumar Ibrahim est plus proche des militants que Younoussi. Ce dernier doit son aura à son charisme de technocrate chevronné, donc soutenu par l’intelligentsia du parti.
Les militants et militantes du parti de la poignée de mains sont plongés désormais dans un désarroi parfait. A l’horizon se profile de nouveaux motifs d’affrontements entre les deux tendances.
Mais au delà, des péripéties politiciennes, il faut entrevoir des conflits de personnes c’est-à-dire une volonté maléfique de régler des comptes dont certains ne datent pas d’aujourd’hui. Pour parer au plus presser, Soumaïla Cissé, est obligé de solder ces comptes même si cela ne suffira pas à éradiquer le mal dont souffre son très jeune parti politique.
Il s’agit pour lui, de faire plier les deux parties à ses quatre volontés. La réussite de toutes les initiatives à venir c’est-à-dire la perspective 2012 dépendra pour une large part du consensus qu’il aura obtenu.



