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Ce qui s’est passé à Tripoli

Crise du Nord

lundi 7 avril 2008 par Abdoulaye Niangaly

Le sort des 33 militaires maliens toujours détenus par Ag Bahanga doit être réglé par un plan de mise en œuvre qui sera validé vendredi par les parties sous la médiation de la fondation Kadhafi.

Selon nos sources, “L’épine dorsale du règlement du problème reste les accords d’Alger”, signés en juillet 2006 entre l’État et la rébellion, a ajouté la même source sous couvert de l’anonymat.

“Nos frères maliens ont signé un protocole d’entente pour faire la paix. Tout s’est bien passé. Il ne s’agit pas de nouveaux accords. Les accords d’Alger sont toujours le cadre du règlement à long terme de la situation”, a confirmé un diplomate libyen qui pris part aux discussions.

Pour les deux délégations il ne restait plus qu’à s’accorder sur les “détails du plan séquentiel de mise en œuvre du protocole d’entente, concernant notamment la libération des prisonniers et l’allégement du dispositif militaire dans le Nord”. Mais en attendant, les deux parties avaient déjà accepté d’observer sur le terrain un cessez-le-feu immédiat “Sur le terrain, le cessez-le-feu est respecté, nous n’avons tiré aucun coup de feu depuis jeudi. Nous respectons le cessez-le-feu”, nous a confirmé un officier supérieur de l’armée régulière sous anonymat.

“Nous n’avons plus tiré. Nous respectons le cessez-le-feu”, a assuré de son côté un proche de Ag Bahanga. Les premières discussions directes entre délégations avaient débuté mercredi dernier dans la capitale libyenne, parallèlement à une soudaine montée de tension provoquée par un nouvel accrochage dont aucun bilan n’est encore disponible. Mais, ce qui est connu, c’est que depuis la reprise des hostilités le 20 mars, au moins huit personnes, dont cinq civils, ont été tuées par l’explosion de mines et 37 militaires maliens ont été enlevés par les rebelles. Quatre militaires blessés avaient été relâchés le 27 mars et hospitalisés après une intervention du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Par ailleurs selon les accords d’Alger les rebelles ne devaient plus réclamer l’autonomie de leur région, tandis que Bamako doit pour sa part accélérer le développement des régions du Nord. Mais en août 2007, le groupe d’Ag Bahanga avait déjà mis à mal les accords de paix en lançant des opérations armées contre l’armée malienne. Suite à ces évènements une cinquantaine de personnes ont été enlevées, les dernières ayant été libérées début mars, notamment grâce à une médiation libyenne. S’il n’a jamais émis de revendications officielles, le chef rebelle se plaint régulièrement du redéploiement progressif de l’armée malienne dans l’extrême nord du Mali, zone carrefour de nombreux trafics située à plus de 2 000 km au nord de Bamako dont nous avions fait cas dans nos dernières éditions.

Quoi qu’il en soit, toutes les parties doivent comprendre que le Mali est UN et INDIVISIBLE. Il ne sert à rien de signer des accords pour les violer les minutes qui suivent.


 

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