Ce sera le 30 octobre prochain
dimanche 12 octobre 2008 par Issa Fakaba SISSOKO
Le Forum national sur l’éducation, état des préparatifs, enjeux et perspectives, tel était en substance le thème central de l’émission « Question d’Actualité », dimanche dernier, de la chaîne de télévision nationale ORTM.
Premier numéro du mois d’octobre, il a réuni autour du présentateur Salif Sanogo plusieurs invités et acteurs de l’école. Il s’agit notamment de l’ancien ministre de l’éducation d’Alpha Oumar Konaré, le Pr. Baba Hakib Haïdara, du secrétaire général de la Coordination des syndicats des enseignants contractuels (COSES), M. Tiémoko Dao, de la représentante du Conseil national de la société civile, Mme Maïga, des professeurs Denis Dougon et Salikou Sanogo, respectivement membre et président du Comité national d’organisation du Forum national sur l’éducation.
Interrogé par les journalistes sur la date exacte de la tenue du forum et l’état des préparatifs, le président du comité fera savoir qu’il a été décidé de le fixer à la date du 30 octobre au 2 novembre prochains. Pour les préparatifs, M. Sanogo dira qu’après les phases de concertations régionales, les ateliers thématiques et les écoutes, rien ne devrait empêcher la tenue de l’importante rencontre nationale sur les questions cruciales liées à notre système éducatif. Abondant dans le même sens, le Pr. Dougon ajoutera à son tour qu’au cours de concertations régionales, il s’est agi pour les acteurs, au niveau des régions, d’engager au préalable une réflexion approfondie sur les questions fondamentales sur l’école et de parvenir à des solutions pour une meilleure contribution au forum.
Pour l’ancien ministre de l’Education, le Pr. Baba Hakib Haïdara, qui fonde beaucoup d’espoirs sur la présente concertation nationale, il ne doit nullement être question d’un forum de plus sur l’école. Selon lui, il est aujourd’hui regrettable de constater que les résultats des précédentes concertations sur l’éducation, comme celle ayant abouti à la signature en juin 2005 du Pacte de partenariat pour une école performante et apaisée, soient restés lettre morte. « Le Forum national sur l’éducation dont il s’agit, doit consacrer celui de la refondation de notre système éducatif qui vit désormais une impasse sans précédent » a déclaré le Pr. Baba Hakib Haïdara.
Qui dira « Au début j’étais sceptique, tant les rencontres sur l’école, il y en a eu dans notre pays. »
Le secrétaire général de la COSES, tout comme le Pr. Haïdara, dira que l’une des attentes du forum (constituant d’ailleurs l’élément fondamental d’un retour à la normale dans l’espace scolaire), c’est sans doute la restauration de la confiance entre les partenaires. « Personne n’a confiance en personne. Il existe un véritable déficit de confiance entre les partenaires de l’école et l’absence totale d’un dialogue franc, digne du nom pouvant ébaucher les questions fondamentales » a martelé le leader syndical. Le constat est pertinent, argue le Pr. Haïdara qui profitera de la tribune pour mettre l’accent sur la nécessité du respect de l’éthique et de la déontologie de la profession enseignante. « Il ne s’agira point d’un forum de plus sur l’éducation, s’empresse de rétorquer le président du comité national d’organisation.
Pour qui la présente concertation devra s’inscrire dans la dynamique de la recherche d’une vision commune et partagée multi-acteurs et inter-institutionnelle autour de l’école allant de la relation particulière entre des adultes et des enfants visant à agir sur l’enfance pour former l’adulte de demain, à la réalité institutionnelle qu’elle revêt sous la forme d’établissements scolaires, de programmes, de mécanismes et d’instruments codifiés, de fonctions professionnelles régies par des lois et des règlements, de constructions, de coûts humains, matériels et financiers, de rapports entre l’école, les familles, les associations, les collectivités et l’Etat, des relations entre l’école et son environnement politique (démocratie, décentralisation, réforme de l’Etat…), social, économique (poids des partenaires techniques et financiers et des différentes réformes ».
Bref, à en croire M. Salikou Sanogo, il s’agit d’un forum du peuple, qui prendra en compte, au cours des débats sur les questions inscrites à l’ordre du jour, les préoccupations du monde scolaire et proposera au terme de la réflexion des solutions durables dans un document qui sera remis aux plus hautes autorités. « C’est fondamentalement tout le sens de la participation de tous les acteurs du secteur », a expliqué le président du Comité national d’organisation. Diagnostic sans complaisance Rappelons que c’est par décret n° 08 262 PM-RM du 9 mai 2008 que le Premier ministre Modibo Sidibé, de concert avec les responsables des départements ministériels concernés, a pris la décision de l’organisation et des modalités de fonctionnement du Comité d’organisation du Forum national sur l’éducation.
La décision de la tenue d’un tel forum fait suite à la crise aiguë qui a affecté l’espace scolaire de notre pays ces dernières années particulièrement au cours de l’année académique 2007-2008. C’est en effet face à cette situation et suite à l’interpellation de l’ensemble des acteurs de l’école par le président de la République, qu’il a été annoncé en mars dernier, après une large consultation avec les acteurs et partenaires du système éducatif, l’organisation d’un Forum national sur l’éducation.
Pour l’importante manifestation, au total trois commissions ont été mises en place. Celle chargée de l’éducation de base, de l’alphabétisation et des langues nationales, prendra en compte l’éducation informelle, l’enseignement fondamental (1er et 2ème cycle), l’enseignement préscolaire, l’éducation spéciale et informelle, etc. Quant à la commission enseignement secondaire technique et professionnel, elle est chargée de mener la réflexion sur l’organisation et la gestion dudit ordre d’enseignement, le contenu et la qualité des enseignements, les rôles et les responsabilités des acteurs et partenaires, la vision des politiques et de la société civile.
S’agissant enfin de la commission enseignement supérieur et recherche scientifique, il s’agira pour elle, à travers un examen approfondi du sous-système, de mettre sur pied un dispositif et de créer les conditions de gestion d’un enseignement supérieur et de la recherche scientifique capable de s’adapter à l’évolution de la demande de compétences en qualité et en quantité, et à contribuer à la production du savoir. Pour cela, elle engagera les échanges autour des problématiques comme la gestion du système de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, les politiques, stratégies et plans de développement dudit ordre d’enseignement et enfin la problématique des œuvres universitaires.
Bref, le prochain Forum national sur l’éducation s’annonce comme une thérapie de choc pour notre école.
Issa Fakaba SISSOKO
Articles de cet auteur


