Ces brebis galeuses d’un corps d’élite
samedi 9 août 2008 par Abdoul Karim Maïga
Dans une certaine mesure, les faits sont à classer les rubriques de l’insolite parce que sous d’autres cieux, on arrive difficilement à s’expliquer que des officiers de la Gendarmerie soient traînés derrière les barreaux. C’est pourquoi notre Gendarmerie n’a pas tardé à livrer le Capitaine Bréhima Sanogo et le Commandant Djéli Toumani Sissoko à la justice, tous accusés de faux et usage de faux. Le Capitaine Sanogo a été aveuglé par une cupidité qui l’a entraîné dans une triste histoire domaniale. Il se trouvait impliqué avec un certain Moussa Keïta qui a été maire dans une des communes de Bamako et Ladji Diakité, commerçant de son état. Leur union se disloquera suite à une mésentente sur le partage de l’argent de la vente dudit terrain. Même si à l’issue du procès, les inculpés ont été relaxés, il est important de savoir que notre Capitaine se trouvait déjà radié des rangs de la Gendarmerie.
S’agissant du Commandant Djéli Toumani Sissoko, précédemment Chef d’Escadron et Chef de Division Coopération et Relations Publiques de la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale du Mali, il a eu le tort d’utiliser le sceau de la Gendarmerie pour des fins personnelles en adressant une demande non officielle à M. le Consul de la Coopération Suisse aux fins d’obtention de visa pour quatre personnes qu’il dit être des frères pour lui et qui voulaient aller en Suisse en qualité de touristes.
Comme si cela ne suffisait pas pour impressionner, il a aussi pris soin de coller sa photo à la lettre.
Chose qui ne fait pas honneur à un officier qui se targue de multiples distinctions. Mal lui en a pris car, dans l’examen des dossiers, le Consulat se rendra compte du caractère erroné des documents et de l’inexistence des lignes téléphoniques supposées être celles des candidats au tourisme.
Ce qui l’amena à porter plainte contre lui au niveau de la Direction Générale de la Gendarmerie qui, après des investigations, a décidé d’infliger une sanction militaire à notre Commandant qui a fini par être déshabillé, mis à la retraite avant d’être mis à la disposition de la justice. A sa comparution en assises, il avait déjà bénéficié d’une liberté provisoire.
Mais la Cour le retiendra dans les liens de l’accusation et le condamnera à 3 ans de prison ferme. Soit dit en passant, ces agissements de ces officiers n’entament en rien la valeur et la crédibilité de notre Gendarmerie Nationale.
Toutefois, les plus hautes autorités de ce corps d’élite doivent veiller au choix rigoureux des hommes. Et elles doivent continuer à extirper de leurs rangs ceux qui donnent le mauvais exemple.
Nonobstant ces mauvaises graines, le gendarme est un auxiliaire de justice dont le rôle est crucial dans la manifestation de la vérité dans une procédure judiciaire.
Abdoul Karim Maïga
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