Chefs de famille, le calvaire s’annonce
mercredi 23 juillet 2008 par Yacouba Doumbia
Depuis quelques semaines, les vacances, du côté des élèves, ont commencé au Mali.
Durant les 3 mois qu’elles vont durer, les vacances offriront l’occasion aux enfants de se défouler.
Mais pour beaucoup, la meilleure des vacances est d’aller faire un tour chez le tonton, la tante, le cousin, etc .. qui se trouve de l’autre côté du pays. Alors, les bagages sont vite faits par les parents et les enfants sont expédiés dans leur nouvelle famille, souvent sans le moindre avertissement. Compte on pouvait s’y attendre, c’est la surpopulation qui s’installe dans plusieurs des familles d’accueils et la catastrophe chez les chefs de famille. Car, il faut loger, nourrir, soigner, s’occuper des petits besoins du nouveau ou des nouveaux venus.Mais aussi et surtout prévoir leur retour au bercail.
La pilule est souvent très difficile à avaler mais impossible d’éviter le phénomène.
Il en a toujours été ainsi.
Approché par nos soins, Aboubacar, professeur d’enseignement secondaire estime que les enfants qui viennent passer les vacances sont comme nos propres enfants qu’il faut considérer avec le plus grand égard. Cela n’est pas sans conséquence, car généralement, la charge familiale devient double et obligatoirement il faut y faire face. Cela, malgré la cherté des denrées alimentaires, le loyer, et les soins, a ajouté Aboubacar. Issa Traoré, peintre de son état, déclare : « le problème est très difficile à gérer mais compte tenu du lien parental, on est obligé de les accueillir à bras ouverts.
Or, le revenu mensuel actuel ne suffit plus à satisfaire les besoins actuels de la famille.
Que va-t-il se passer s’il y a d’autres charges de plus ?
C’est la descente aux enfers ».
De son côté, Moussa nous a confié qu’il prie jour et nuit pour ne pas être victime du coup de l’année passée. Selon Moussa, lors des vacances 2006, il a reçu 02 de ses neveux mais qui sont tous venus en « arrivé payer ». Il lui a fallu débloquer à la sauvette la somme de 18 000 f CFA.
A leur retour, Moussa jure de s’être endetté auprès de son ami vendeur de pneus à hauteur de 35 000 f CFA, pour satisfaire le minimum des exigences des enfants.Tout cela, pour garder le respect et la confiance de son cousin et sa sœur qui lui ont envoyé leurs enfants.
En tout cas, notre ami Moussa sait de quoi il parle, parce qu’une fois que la fin des vacances s’annonce, c’est la course contre la montre du côté des accueillants pour préparer le retour des vacanciers. Pour celui qui n’est pas suffisamment préparé, c’est la catastrophe. Car, il faut chercher de quoi habiller, payer le transport, souvent même avec quelques matériels scolaires dans le sac.
Le chef de famille qui n’a pas les moyens, est obligé de faire des pieds et des mains pour rassembler l’argent nécessaire à toutes ces dépenses.
Une fois l’argent en main, surgit la dure réalité du marché, avec une hausse sans fin des prix.
Que faut –il faire face à la situation ?
La question s’adresse aux parents. En ce qui nous concerne, nous estimons qu’il est mieux pour les parents qui souhaitent avant envoyer leurs enfants en vacance, de ne pas faire fi d’un certain nombre de préalables. Au nombres de ceux – ci, informer en avance l’accueillant sur la venue du vacancier ; s’assurer de sa disponibilité et de ses moyens à faire face à sa nouvelle situation ; ne pas forcement compter sur le retour de son enfant les mains pleines de présents. La vie est devenue très chère donc il n’y a plus question de compter sur l’extraordinaire.
Que chacun envoie le minimum de vacanciers pour permettre à l’autre de faire le minimum de dépenses.
Ainsi, les vacances resteront ce qu’elles ont toujours été, c’est-à-dire un moment de joie pour les élèves et de consolidation des liens familiaux et/ou amicaux pour les parents et amis éloignés.


