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Comment peut-on communiquer sans moyens ?

Gouvernement

lundi 28 juillet 2008 par Tiémoko TRAORE

Il n’a cessé au cours des différents séminaires du gouvernement, de marteler que l’accent doit être mis sur la communication.

Autour de cette question, qu’est-ce qui n’a pas été dit récemment par le chef du gouvernement ? Que le Premier ministre en fasse une préoccupation majeure, est compréhensif et logique parce que, dans le cadre de la gestion des affaires publique, beaucoup de malentendus naissent du déficit de communication.

Cette situation est d’actualité et plusieurs faits l’attestent, notamment la compagne autour de l’initiative riz, des questions relatives à la cherté de la vie et aux efforts déployés par les autorités pour réduire les conséquences néfastes de la hausse des prix sur le pouvoir d’achat des populations en cette veille du mois sacré du Ramadan.

Ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d’autres. En réfléchissant par rapport à ces deux cas, on arrive à des constats.

La communication n’est pas une pratique ignorée ou nouvelle dans les départements ministériels ou à la primature. Cependant, elle n’a jamais été faite à hauteur d’attente des acteurs politiques et des représentants de la société civile. En effet, des communiqués sont fréquemment diffusés, des conférences de presse se tiennent, soit pour démentir ou pour apporter plus de précisions par rapport à une question donnée.

Cela n’est qu’un aspect de la communication qui va d’ailleurs au-delà des missions dévolues aux chargés de communication, aux conseillers à la communication des départements ministériels. Peut-on affirmer que ceux qui ont vocation à organiser la communication des départements ministériels, sont jugés à leur juste valeur ?

Sont-ils vraiment écoutés ?

Dans plusieurs cas, on a pu constater qu’il existe des lacunes et insuffisances dans les activités de communication des départements ministériels. Il n’est pas dit que cela est dû aux carences des conseillers ou chargés à la communication. Une situation scandaleuse, c’est que dans les départements ministériels, il n’existe pas à proprement parler de budget de communication. C’est pourquoi on se demande si, en réalité l’objectif d’efficacité est recherché par les autorités du pays. Il ne fait pas de doute que sans moyens, il est illusoire de prétendre communiquer. Ainsi, il n’est pas rare de constater que les DAF de différents départements, minimisent le besoin de communication, surtout si l’initiative vient des conseillers à la communication.

En effet, certains d’entre les technocrates des départements n’hésitent pas à dire qu’il n’existe pas de budget consacré à la communication. De ce fait, toutes les fois qu’il y a des besoins de communication (apporter un démenti, clarifier des mesures nouvellement prises, par exemple) et qu’il devient nécessaire de débloquer de l’argent, c’est le colmatage qui est de mise.

Pour ainsi dire, la communication est le parent pauvre des budgets.

Le Premier ministre le sait-il ?

Pourtant, quand on regarde du côté des projets, il y a généralement des budgets de communication. Quel paradoxe, quand on sait que les projets relèvent des départements ministériels. Il est vrai que la création du site web du Gouvernement et pour des ministères est une bonne chose, mais cela n’est pas suffisant dans le cadre de la communication de ces structures. Combien d’internautes maliens prennent du temps pour visiter ces sites ?

D’ores et déjà, il urge de revoir la stratégie de communication, pour donner plus de lisibilité au travail gouvernemental, aux efforts de l’équipe Modibo Sidibé, dans la gestion des difficultés quotidiennes et endémiques.

Les chargés de mission en charge de la communication sont ces incompris, traités de tous les noms d’oiseaux, soit par le chef de cabinet, le Directeur administratif et financier ; voire par le Ségal. On les accuse sans preuve d’être de mèche avec les organes de presse.

Dans une de nos parutions récentes, nous attirions l’attention du Premier ministre sur cette situation. Quelques mois après, on constate avec regret que la situation n’a pas évolué. Incompris au sein de leur département et boudés par leurs confrères (de la presse), les responsables de la communication continuent-ils avec un pilotage à vue ? Monsieur le Premier ministre, c’est à vous de prendre en charge cette question.

C’est seulement avec des budgets de communication conséquents que cet objectif peut être atteint.


 

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