« Contrairement à certains, nous préférons un jugement objectif sur le régime »
mercredi 15 octobre 2008 par Abdoulaye Diakité
Le président de la CDS Mogotiguiya, Mamadou Sangaré dit Blaise appartient depuis 2007 à un regroupement électoral dénommé Font pour la Démocratie et la République (FDR), qui s’était opposé à Amadou Toumani Touré, lors des élections générales de ladite année. Mais mal lui en a pris, car ses différents candidats (IBK, Soumeylou B Maïga, Tiébilé Dramé, Mamadou Blaise Sangaré) à la présidentielle ont été battus avec des scores humiliants, alors que certains partis du regroupement ont encore chèrement payé aux législatives le prix de leur témérité. Le RPM de Ladji Bourama s’est effondré en passant de plus d’une quarantaine de députés à législature précédente à 11 élus, tandis que la CDS Mogotiguiya de Mamadou Blaise Sangaré, qui régnait sa partage dans le Banimounitié, avec à la clé six députés dans la précédente législature, est revenu bredouille desdites consultations.
Même si le PARENA de Tiébilé Dramé, lui, au contraire, est passé d’un député à la précédente législature à 4 pour la présente. Face à cette situation peu reluisante pour des opposants de circonstance, certains ont vite fait de prendre leurs jambes au cou, n’étant pas disposés à souffrir pendant cinq années d’être sevrés des bienfaits du pouvoir. Ça été le cas de Soumeylou B Maïga de Convergence 2007, qui a su bien négocier son retour dans la Ruche. Il faut dire que depuis lors, les fissures ont commencé à entamer sérieusement le Front, surtout par rapport aux prises de décisions.
Certains, plus enclins à des règlements politiques plutôt que de construire une opposition objective, ont voulu transformer le regroupement en un instrument de chantage politique, comme la famille du Bélier blanc qui en veut au pouvoir pour la simple raison que celui-ci a demandé des comptes au président du Comité d’organisation du sommet Afrique-France, tenu au Mali en décembre 2005. Alors que la CDS Mogotiguiya de Mamadou Blaise Sangaré s’est inscrite la logique d’une opposition objective, de proposition, constructive, utile. « Dans notre parti, contrairement à certains, nous avons décidé de faire des jugements objectifs sur le régime.
Car, nous avons estimé qu’à partir du moment où nous avons reconnu la réélection du président ATT, il faut plutôt l’observer d’abord à la tâche pour voir s’il va effectivement tenir les promesses faites au peuple malien. Ne dit-on pas que c’est à l’œuvre qu’on connaît le maçon ? Maintenant à l’heure du bilan, on verra si ce qui a été dit aux Maliens a été réalisé ou pas, et c’est en ce moment qu’il faudra porter un jugement. Notre manière de procéder n’engage que nous, car dans un regroupement électoral, les prises de position sont laissées à l’initiative de chaque parti » déclare le président de la CDS Mogotiguiya Mamadou Sangaré dit Blaise.
Par cette appréciation, le président de la CDS Mogotiguiya, s’inscrit donc en faux contre les attitudes de ces va-t-en-guerre qui sont tellement aveuglés par la vengeance qu’ils ont tendance à tout voir en noir. A les entendre, on a l’impression que la République est toujours au bord de la catastrophe.
Qu’est ce qu’on n’a pas entendu de la part de certains oiseaux de mauvaise augure ?
Ils n’ont cessé de clamer : « Le trésor public est en cessation de paiement des salaires ; l’initiative riz est un échec ; le comble de l’incompétence dans la gestion de la crise scolaire ; ces hommes qui nous gouvernent sont incompétents ; l’échec d’ATT est patent ; les partis politiques exclus de la crise du Nord, etc ». Justement par rapport à l’initiative riz, l’appréciation du président de la CDS Mogotiguiya est plus qu’édifiante : « Comment peut-on prédire l’échec de l’initiative riz, alors que l’hivernage n’a même pas commencé ? » s’est-il interrogé.
Une réponse à peine voilée à l’endroit des revanchards du PARENA, qui en véritables oiseaux de mauvaise augure, prédisaient depuis le mois de mai (début d’hivernage) que l’initiative riz sera un échec cuisant pour le gouvernement de Modibo Sidibé. Mais qui comprend leurs rapports avec le chef du gouvernement ne peut être nullement surpris par de tels discours, car, Modibo Sidibé pour ceux qui ne le savent pas encore, est pour les responsables du PARENA, celui qui a mis la justice aux trousses de leur président Tiébilé Dramé, suite à la gestion quelque peu scabreuse du sommet Afrique-France de décembre 2005.
C’est pourquoi, à chaque occasion qui leur est donnée, les Béliers dégainent avec virulence contre le gouvernement.
Quoi qu’il en soit, le président de la CDS Mogotiguiya, Mamadou Sangaré dit Blaise, est désormais convaincu que le regroupement dans lequel il se trouve est loin de lui convenir, eu égard aux agissements de certains de ses membres. Même IBK, qui est censé être le chef de file de l’opposition, s’est montré à maintes reprises agacé par l’acharnement aveugle, avec à la clé des accusations gratuites de certains de ses compagnons. N’a-t-il pas eu à interdire la tenue des réunions des présidents dudit regroupement à son domicile par peur d’enregistrer des troubles ?
Mais est-ce cette situation invivable qui amène le président de la CDS Mogotiguiya à ne pas vouloir de la présidence du FDR ?
Mamadou Sangaré dit Blaise pense que non. « Je n’ai pas refusé de remplacer Tiébilé Dramé à la présidence du FDR parce que je veux bouder, mais parce que mon calendrier ne me permet pas maintenant d’accomplir convenablement les charges liées à cette fonction. Mon parti est présentement dans l’impasse, j’ai perdu mes députés à l’Assemblée Nationale, alors je travaille à redorer son blason.
Ajoutez à tout cela mes responsabilités de conseiller national : autant de charges qui ne me permettent pas d’être un bon président du FDR », nous a expliqué le président Blaise Sangaré au cours de notre entretien.
Abdoulaye Diakité
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