Daba Diawara renvoie définitivement les politiciens à leur boulot
jeudi 23 octobre 2008 par Abdoulaye Diakité
Du fait que le contenu du document n’ait pas été dévoilé à la presse ce jour-là, celle-ci était allée vite en besogne en tirant la sonnette d’alarme par rapport à une éventuelle révision de la constitution de 1992 visant particulièrement le fameux article 30. Pour couper court à la campagne inutile des politiciens et de leurs mercenaires, Daba Diawara a donc choisi le bon moment pour édifier les Maliens.
Oui, il y aura une révision constitutionnelle, et elle pourra concerner notre système électoral, notre appareil institutionnel, mais pas ce qui coupait le sommeil à pas mal de Maliens, à savoir l’alternance présidentielle. « Le comité préconise le maintien du régime semi-présidentiel actuel avec un président de la république élu au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans, renouvelable une seule fois, un Premier Ministre qui demeure chef du gouvernement, responsable devant l’Assemblée nationale qui peut le renverser et qui peut être dissoute par le président de la République », tels sont les propos libérateurs du président Daba Diawara, par ailleurs président d’un parti politique, le PIDS. L’homme, qui a mené cette réflexion pendant plus de 7 mois avec son équipe, a abouti à ce que le chef de l’Etat avait dit depuis le 08 Juin dernier, date d’anniversaire de son accession à la magistrature suprême de notre pays.
En effet, des articles de presse, de provenance jusqu’ici inconnue, avaient véhiculé les mêmes supputations concernant le fameux article 30 de la constitution. Une mystérieuse politologue de Montpellier, Marie Antoinette Sidibé, avait publié une analyse explosive qui faisait ressortir la nécessite pour notre pays de procéder à un déverrouillage constitutionnel pour supprimer la limitation du mandat présidentiel. Du coup, certains politiciens, en crise de popularité, avaient aussitôt vu derrière cet article la main invisible de Koulouba, qui balisait le terrain d’une révision de la constitution. Mais le 08 Juin sera le bienvenu, car, ce jour lorsque la question a été posée au président de la République par rapport à ces rumeurs, ATT a été on ne peut plus clair : « Ce débat ne me concerne pas, je ne suis pas intéressé par ce débat. S’il y a quelque chose pour lequel je me suis bien battu lors de la conférence nationale, c’est bien pour l’alternance démocratique ».
Voilà qui devait calmer les esprits et renvoyer ces politiciens à leur boulot, qui consiste à mobiliser les militants pour leur participation au vote. Mais loin de là, les amateurs de sensations, poursuivraient leur récréation dans l’attente des résultats de la mission de réflexion sur la consolidation de la démocratie au Mali, que dirigeait Daba Diawara.
Car pour eux, l’intention du président de la République, en mettant sur pied une telle mission, ne pouvait être que la suppression de l’article 30, relatif au mandat présidentiel. Maintenant que la mission a livré tous ses secrets, la récréation doit prendre fin, et les politiciens doivent retourner à leur tâche.


