L’information a fait le tour de la ville de Bamako dans la journée du lundi. Ahmed Sow, ministre de l’énergie, des mines et de l’eau, transmettait au premier ministre, chef du gouvernement Modibo Sidibé sa lettre de démission.
Tard dans l’après midi, nous apprenons à travers les médias publics que ladite démission a été acceptée par le président de la république qui en avait été saisi par le premier ministre. Tout cela est intervenu après près de quatre heures d’horloges d’explications entre le démissionnaire et le président de la république. Il n’y a que les mûrs de la salle qui peuvent révéler les secrets de cet entretien pas ordinaire. Mais en réalité, il est clair que Ahmed Sow était devenu encombrant pour ATT et son gouvernement pour des raisons bien précises.
Les raisons immédiates du brutal divorce, sont connus de peu de gens. En effet, tout a commencé dans la nuit du 21 au 22 septembre dernier où les Maliens ont découvert un banal évènement dénommé « trophée talent 2008 ». D’ailleurs nous en avions fait cas dans notre édition du 24 septembre dernier. Ladite mascarade, pardon l’émission visait à mobiliser des personnalités de hauts niveaux dont des ministres et des présidents d’institutions.
Curieusement, au delà du caractère « frivole » de l’évènement, en termes de présentation, la majeure partie des personnalités auxquelles les trophées étaient destinés, ont craché non seulement sur l’évènement mais aussi et surtout sur les organisateurs. Comme si un vulgaire trophée décerné par une simple agence de production pouvait permettre à un ministre d’être cloué sur son fauteuil, certains se sont bien grouillés pour montrer à l’occasion leur côté le plus photogénique sous les projecteurs de nos confrères de l’ORTM.
Parmi eux, il y avait un certain Ahmed Sow que de mauvaises langues accusent d’avoir participé à la mobilisation de très respectables personnalités. Vraies ou fausses, les rumeurs au Mali finissent toujours par révéler une certaine réalité. Comme une pièce de théâtre, ils se sont bien livrés en spectacle et à cœur joie. Exemple : certains ministres récipiendaires, ont reçu leur « trophée » des mains de leurs collègues ou même d’illustres inconnus. Ceux qui ont manqué à cette farce ont eu bien raison.
Parmi eux, on peut citer Amadou Djigué et bien d’autres gros opérateurs économiques de la place.
Les nominés ont quel mérite pour prétendre à un trophée de talent ?
Les Maliens ont-ils voté pour désigner les « méritants » ?
ATT a-t-il désigné ses ministres les plus méritants ? Modibo Sidibé a-t-il évalué ses ministres ?
Les députés ont-ils jugé de la pertinence des actes posés par les nominés ?
A notre sens, il n’en est rien. Rien du tout.
Alors donc, s’agissait-il d’une opération visant à jeter de la poudre aux yeux des Maliens qui sont loin d’être satisfaits des résultats obtenus dans l’exécution de l’action gouvernementale ?
Quoi qu’il en soit, les conséquences politiques d’une telle mascarade, sont énormes. Il fallait donc s’assumer pour éviter d’être mis à la porte.
C’est ce que Ahmed Sow a su faire. Ne dit-on pas que « Il faut savoir quitter la table lorsqu’elle est dépourvue ». Pour ce cas, la table était bien dépourvue et même vide, si l’on se rappelle la fameuse affaire dite du CDE que trimballe M Sow depuis plusieurs mois.



