Déjà le compte à rebours
mercredi 2 juillet 2008 par Alou Daou
L’objectif de cette série de rencontres est de recueillir les critiques et suggestions des acteurs sur la corruption et la délinquance financière dans notre pays. Aux dires du président du Comité préparatoire, M. Modibo Keita, ancien premier ministre de son État, l’objectif assigné au Comité est de préparer les États généraux sur la corruption et la Délinquance financière. Ce qui nécessite selon lui un débat national. Toutefois a-t-il souhaité, au terme de ce débat doit sortir des documents qui contiennent des propositions concrètes qui seront transmises au Gouvernement. Section des Comptes de la Cours Suprême Dans son intervention, Ouéna Niaré, Président de la Section des Comptes de la Cour Suprême, dira que les faits qui sont à l’origine de la corruption sont nombreux. Il s’agit entre autres, du manque d’équité dans la répartition des biens, du manque de plan de carrière pour les cadres. Le tout aggravé par des de l’appareil judiciaire.
Pour M. Niaré l’éradication de ce phénomène passe d’abords par une volonté politique, et le renforcement des capacités des services de contrôle. Enfin dira-t-il, l’Etat doit cesser d’accorder des exceptions.
Contrôle Général des Services Publics
Madame Diallo Oumou Traoré s’est aussi dite alarmer part la montée en flèche du phénomène de la corruption. Tout cela s’explique d’après elle par la faiblesse des textes législatifs et réglementaires et leur application. Par exemple dans le domaine des Marchés publics. Pour Mme Diallo, c’est plutôt, le manque de perfectionnement des agents de l’administration doublé du manque de formation des cadres en système de contrôle internes qui expliquent les dérapages.
Inspection des Finances
Pour Youssouf Kébé, inspecteur des Finances, la recrudescence du phénomène de la corruption et de la délinquance financière tient à plusieurs facteurs. D’abord, la perte de la valeur de la société malienne, le manque du respect des biens publics et du travail bien fait. A ceux-là s’ajoutent : l’effondrement de l’autorité de l’Etat, le non respect des normes et de l’Ethique, la méconnaissance des mérites, et la banalisation du phénomène, a-t-il conclu. Pour lutter contre ce phénomène dira M. Kébé, l’Etat doit renforcer la capacité des structures chargées de contrôle, et d’harmoniser les efforts de ces structures. Par ailleurs dira-t-il, ce travail sera vin si tous les acteurs ne jouent pas pleinement leurs rôles. Selon M. Kébé sa structure rencontre d’énormes difficultés sur le terrain. A commencer par le problème d’effectif et la qualification professionnelle des agents. Ceci expliquant cela dira-t-il, l’Inspection des finances a élaboré un document qui n’a pas encore été validé. Ce document préconise un certain nombre de critères dans le recrutement des inspecteurs des finances. Ainsi les premiers critères, c’est d’abord la moralité, la compétence et l’expérience qui requiert un minimum de 25 ans d’ancienneté. Deux catégories de problèmes reviennent en leitmotiv lors des contrôles notamment au niveau des Directions administratives et financières. Il s’agit selon M Kébé de la surfacturation et des situations imposées qui sont tributaires à la faiblesse des textes. Mais pour lui remédier à ce problème, revient à entreprendre une reforme des Directions administratives et financières.
CASCA
Selon Ibrahima Diallo Président de la Cellule d’Appui aux Structures de Contrôle de l’Administration, il existe plusieurs structures de contrôle. Mais malgré tout, le phénomène persiste et tout le monde se demande pourquoi. Pour lui, la recrudescence du phénomène s’explique par l’inexistence des contrôles internes. Selon lui, les services publics fonctionnent mal. Les réunions ne se tiennent pas normalement.
Pire, les responsables ignorent ce qui se passe dans leurs services.
Si tel n’était pas le cas, il ne serait pas question dira-t-il il n’y aurait pas tant de saignée financière.
A ce phénomène s’ajoute l’impunité.


