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Des braises sous la cendre

SITUATION AU SEIN DE L’URD

dimanche 17 août 2008 par Abdoulaye Diakité

Les députés URD, en initiant des rencontres d’échanges avec les sommités du parti, sont en train d’enseigner à l’opinion nationale que la pourriture de leur formation politique a commencé par la tête. Mais chaque fois que le président béni oui oui du parti de la poignée de mains fraternelle s’aventure dans la presse avec des propos apaisés, les faits l’ont toujours démenti : le premier cas c’était en février dernier, tandis que le dernier en date s’est produit le samedi dernier à l’occasion de la journée de l’URD.

L’Union pour la République et la Démocratie (URD) est bel et bien en danger d’implosion. N’en déplaise à ceux qui refusent de voir la vérité en face et préfèrent la maquiller devant l’opinion nationale. Des députés du parti (29 en tout) ne peuvent pas se mettre à faire passer sur la table de l’interrogatoire, les premières personnalités du parti sans qu’il n’y ait de l’électricité dans l’air. Il n’y a jamais eu de fumée sans feu, nous enseigne un adage et en la matière la fumée se dégage du côté de Bagadadji, où tour à tour le premier vice-président et non moins ministre du travail de la Fonction publique et de la réforme de l’Etat, Me Abdoul Wahab Berthé, le deuxième vice-président et ministre de la santé, Oumar Ibrahim Touré, et bien sûr le parrain Soumaïla Cissé et président de la commission de l’UEMOA, ont été entendus à huis clos par les députés.

Ces rencontres à titre individuel, qui seront suivies d’une autre à titre collectif, prouvent à bien des égards que le parti est malade d’un problème de leadership, de cohésion, consécutif à une gestion qui n’est pas démocratiquement orthodoxe.

Cela va de soi quand à un congrès on prend le principe démocratique en otage pour imposer les hommes à la dimension de l’humeur du gourou, comme le cas du président Younoussi Touré.

Cela va de soi que le parti tombe dans une léthargie profonde quand un des principaux animateurs d’une formation politique, le secrétaire général, est à mille lieues du pays. Lassana Koné qui a été bombardé à ce poste en lieu et place de Salikou Sanogo se la coule douce aux entrepôts maliens du Sénégal, très loin des yeux et des cœurs des Maliens.

Résultat de cette gestion patrimoniale : des militants venus dans cette famille politique à la recherche des vertus démocratiques prennent de plus en plus leurs jambes aux cous.

A Bamako comme à Kita le parti est saigné par de fortes vagues de départs. La démission du président de la commission des finances du parti, Salia Maïga, est venue donner plus de crédit aux signes avant-coureurs d’une cassure.

Mais avant ça, c’est Oumar Ibrahim Touré qui avait déclenché une offensive contre les pros Soumi en limogeant sans autre forme de procès une dame réputée fidèle au président de la commission de l’UEMOA l’ingénieur Mme N’Diaye Aïché Keïta, pour faire venir un ancien leader estudiantin, Ibrahim Cissé, vice-président de la jeunesse, et réputé être du cercle restreint du ministre de la Santé.

On accuse partout à travers le parti que l’actuel président Younoussi Touré ne collabore pas avec la base et qu’il est plutôt friand des salons d’honneur de la capitale, contrairement à Oumar Ibrahim Touré qui en se servant des moyens de l’Etat profite de ses missions pour faire des digressions politiques sur le terrain. De sorte qu’il est aujourd’hui le présidentiable le mieux apprécié par les militants à la base.

C’est ça la réalité au sein de la famille URD, et les autres députés, contrairement à Younoussi Touré, ne se sont pas trompés en voulant s’attaquer à la vraie racine du mal. Ils le font au lendemain des déclarations accusatrices de Younoussi Touré à l’encontre de la presse qu’il a accusée de tous les noms d’oiseaux au CICB le Samedi dernier, lors de la journée du parti.

« C’est dans la presse que nous découvrons les divisions au sein du parti », avait-il lancé en pleine figure d’un curieux journaliste, avant de peindre la situation en rose : « « L’URD a été une et indivisible, une très grande formation qui regroupe des hommes et des femmes libres. Il est normal qu’il y ait des sensibilités, des divergences sans mettre l’avenir du parti en cause.

C’est un parti d’hommes et de femmes qui agissent librement.

Il ne faut pas épiloguer sur chaque acte qu’un militant affiche d’un moment de la vie du parti.

Nous faisons en sorte que la vie économique et professionnelle d’un cadre ne soit liée à aucun ministre. Notre politique est de faire en sorte que les ministres ou les responsables de l’URD dans les institutions où qu’ils se trouvent, aient les mains libres pour utiliser les hommes et les femmes susceptibles de réussir les missions qui leur sont confiées.

Le limogeage de Mme N’Diaye Aïché Keïta ingénieur de formation ne diminuera pas ses convictions, ses actions citoyennes, et son engagement pour le parti », rappelait le président du parti. Une véritable poudre aux yeux des naïfs ! Mais le vice-président de l’Assemblée Nationale n’en est pas à son coup d’essai par rapport à cette manière d’embellir la vie du parti.

Une embellie du reste sur une poudrière que le président a toujours ignorée. Le 15 février dernier, c’est lui qui confiait à nos confrères du journal « Les Echos » qu’il n’ y a pas de crise dans sa famille politique et que s’il y a crise ça ne pouvait être que de croissance.

Alors que le même jour, chez nos confrères du journal « L’Indépendant » Oumar Ibrahim Touré déclarait sa candidature à la présidence du parti avec ou sans l’accord de Soumaïla Cissé.

Jugez-en !


 

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