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Des étudiants nigériens et burkinabé présentent des études scientifiques appréciables

SECTEURS AGRICOLES DU MALI ET DU NIGER

samedi 9 août 2008 par Mamadou Senou

Ces trois étudiants ont présenté avec brio des thèmes de recherche sur l’aménagement agricole. Désormais, les trois nouveaux spécialistes sont à mesure d’assumer les nouvelles missions qui leur seront assignées par leurs patries respectives. C’est le sentiment qu’ils ont en tous cas dégagé lors de leur soutenance. Mais avant de rentrer, les trois hommes ont tous remercié le peuple malien pour son accueil chaleureux. « Le Mali est un pays où on ne ressent pas la nostalgie de la chaleur humaine », se réjouissent-ils.

L’aménagement hydraulique est un facteur de développement agricole sans lequel il n’est point question d’autosuffisance alimentaire. Beaucoup de pays du Nord, pour le renforcement de leur économie, ont fait de l’agriculture leur chantier principal.

Le cas chinois en est l’illustration parfaite. Quant au Mali d’énormes efforts sont entrepris pour renforcer les acquis réalisés par le président Modibo Keïta. C’est ainsi qu’il est entrepris des actions salvatrices en faveur des paysans. Parmi ces actions, il y a la volonté du gouvernement malien d’étendre le périmètre d’exploitation de l’Office du Niger et bien entendu l’exonération du prix des intrants agricoles tels que l’engrais et les semences. Cette politique de promotion du secteur agricole a fait des émules au sein de certains responsables de la sous-région, notamment le Président Wade avec sa politique d’accroissement de la culture du riz. Une façon de minimiser les effets néfastes des aléas climatiques et des politiques imposées par les institutions de Breton Wood.

D’où la nécessité de mettre en valeur le potentiel aménageable.

L’aménagement hydraulique, volonté politique tant prônée par deux chefs d’Etat frères à savoir Amadou Toumani Touré et Abdoulaye Wade du Sénégal, est perçue par ces étudiants étrangers de l’ENI comme une vérité absolue. A côté de cette prise de conscience, il faut souligner que le sérieux, la rigueur des professeurs, la qualité des cours dispensés à l’Ecole Nationale d’Ingénieurs du Mali, le coût attractif de l’inscription (300.000 F CFA/an) pour les étudiants des autres pays d’Afrique contrairement à certaines universités de la sous-région, sont ici autant de raisons qui ont guidé ces étudiants à passer leur séjour dans notre capitale. D’ailleurs, ils n’ont pas tari d’éloges à l’endroit de notre pays au sortir de la salle de soutenance.

La présentation de mémoire est une étape très importante dans la vie d’un étudiant qui voit son effort couronné par une attestation qui lui ouvre les portes du marché de l’emploi. C’est une motivation de plus pour les étudiants de se sacrifier pour la mention qui leur donne une place de choix au cours des recrutements qui se font seulement sur la base de la valeur intrinsèque du demandeur d’emploi. Le mardi 05 août 2008 était donc un jour de grâce, une autre étape de la vie pour ces étudiants en fin de cycle à l’Ecole Nationale d’Ingénieurs (ENI) de notre pays.

Tous fonctionnaires dans leur pays respectifs aux directions et ministères en charge du génie rural et de l’agriculture, ces étudiants ont présenté et soutenu, selon l’appréciation de leurs membres du jury, un mémoire à la hauteur des attentes ; un mémoire d’actualité et pertinent. Le Nigérien Insitak Ibrahim a été le premier à présenter son mémoire dont le thème portait sur « l’aménagement de 270 hectares en maîtrise totale d’eau à Kandjourou, commune rurale de Sokolo ; région de Ségou ». Après avoir dégagé la conception technique du projet qui porte sur le dimensionnement, le calage et le découpage, il a donné les objectifs du projet. L’objectif général dira-t-il est de lutter contre la pauvreté à travers la sécurisation sur le plan alimentaire des populations de Kandjourou.

L’étude de Insitak révèle le taux de rentabilité qui est de 16,14%, donc largement au-dessus du taux moyen appliqué au Mali par les Institutions bancaires. Pour Insitak Ibrahim, l’apport du Mali pour promouvoir la sécurité alimentaire est salutaire. L’irrigation est la seule alternative pour assurer la sécurité alimentaire, affirme-t-il. Même si le rapporteur garde l’espoir que l’irrigation soit le vecteur du développement de nos pays sahéliens pour ne pas être esclaves des aléas climatiques et des politiques mafieuses de l’Occident, M. Insitak Ibrahim déplore toutefois des difficultés, des contraintes liées à la mobilisation de fonds par les paysans, le faible revenu du plan d’eau, la topographie irrégulière du terrain etc.

De telles études nécessitent un travail scientifique plus approfondi. Dans ce contexte, l’étude des indicateurs de succès (malnutrition, mortalité infantile, le taux de l’éducation, les études d’impacts socio-économiques, les ressources naturelles et les aléas climatiques sont autant de points importants et indispensables pour la viabilité du projet. Un exposé sommaire de M. Insitak Ibrahim a permis aux assistants d’être éclairés et aux membres de jury, en dépit de leurs remarques et suggestions sur certains points pour enrichir la qualité de l’étude, de se dire honorés par le niveau de l’étudiant, fruit du sérieux qui règne dans leur établissement.

Selon le rapporteur, l’irrigation des 270 ha en maîtrise totale d’eau à Kandjourou, commune rurale de Sokolo, doit être effectuée de façon gravitaire ; ce qui revient à dire que l’eau prend sa source à la falaise de Fala Molodo et est directement envoyée pour alimenter le périmètre sans l’utilisation d’un pompage. M. Intak Ibrahim conclut en disant que le projet d’étude portant sur l’ « aménagement de 270 hectares en maîtrise totale d’eau à Kandjourou dans la commune rurale de Sokolo ; région de Ségou » est d’une importance capitale qui alimentera le budget de l’Etat. L’occasion était opportune pour lui d’appeler nos responsables politiques et autorités publiques à conjuguer leurs efforts pour la réalisation de ce projet dont le coût n’est pas trop élevé (324 millions soit un million par hectare).

Un meilleur résultat ne saurait être enregistré qu’en dégageant des perspectives pour le dédommagement des paysans avant toute opération, le reboisement, la plantation et un appui aux services sociaux, a-t-il ajouté.

Après son exposé, ce fut le tour de M. Mossi Amadou du Niger d’exposer son thème relatif à « l’étude d’avant-projet détaillé pour la construction du barrage interne Tegueleguel ; département de Keïta, région de Tahoua (République du Niger). On retiendra que c’est un projet à vocation agricole pour la sécurité alimentaire, initié par le Président Mamadou Tandja lui-même. Un projet qui consiste à faire des ouvrages de retenue. L’objectif de ce projet, dira Mossi Amadou, est de réduire l’incidence de la pauvreté rurale de 66% à 52% à l’horizon 2015.

Ce projet lié au budget du gouvernement nigérien, même s’il se caractérise par ses avantages sur les populations de ce département, ne serait-t-il pas trop prétentieux quand on jette un regard sur son coût de réalisation qui est de 3.705.305.750 FCFA toutes taxes confondues ?

La boucle de cette journée a été bouclée avec la présentation du mémoire du Burkinabé Boly Guibrilou, fonctionnaire au ministère de l’Agriculture, des ressources halieutiques de son pays. Le thème de son mémoire portait sur : « Le Projet d’aménagement de la plaine rizicole de Massabougou en maîtrise totale dans la zone office du Niger ». Les questions de l’historique de la zone, son étude socio-économique, la conception du plan d’aménagement de la zone, l’évaluation du coût et de l’analyse financière du périmètre ont été largement abordées.

Créé en 1932 et restructuré en 1945, l’Office du Niger alimente plusieurs plaines dont celle de Massabougou qui compte une population 577 personnes. Son projet prévoit un canal secondaire pour véhiculer l’eau, treize canaux tertiaires pour irriguer et enfin des canaux de drainage pour drainer le surplus d’eau. Leur souci est de laisser un patrimoine aux responsables de cette faculté panafricaine pour que demain germe l’enfant d’une volonté politique, d’un rêve, d’un vœu populaire. Cet enfant sera celui de l’autosuffisance alimentaire, de la dignité africaine retrouvée.

Ces étudiants qui ont certainement émerveillé leurs encadreurs respectifs ont été invités par ces derniers à mettre leurs connaissances acquises au profit de leurs nations respectives.

En cela la sous-région pour atteindre son objectif commun, celui de la lutte contre la famine et la pauvreté.


 

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