En 2007, lorsque se constituait cette fameuse plate-forme pour un soutien au chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, ils étaient nombreux les observateurs avertis de la scène politique qui mettaient en doute l’aptitude d’un tel conglomérat à accompagner le régime à bon port. Vu la boulimie de pouvoir qui caractérise certaines grosses pointures de l’alliance, point besoin de deviner que ces faux alliés allaient fausser compagnie au chef de l’Etat au tournant où ils sont les plus attendus. Ils n’ont pas tardé à montrer leur vraie face, quand à l’issue des législatives, ils se sont taillés la part du lion.
Sur 147 sièges à pourvoir, l’ADP a pu enlever environ 130. Voilà ce qui devrait renforcer les relations entre le pouvoir et ses alliés, qui devraient jouer tout leur rôle d’information et de sensibilisation des populations autour des sujets dominants de la nation. Malheureusement, il n’en sera pas question, car dès la fin des législatives, l’alliance qui était déjà rattrapée par le virus de la division, va se tourner le dos à elle-même pour se plonger dans d’autres perspectives.
L’Adema-PASJ, à travers son président Dioncounda Traoré, qui a été la première à donner le ton. Au cours d’une conférence de presse d’une rentrée politique de l’ADP, celui-ci n’est pas passé par quatre chemins pour signifier à ATT qu’il doit quitter le pouvoir après son deuxième mandat. « ATT ne fera pas un troisième mandat », avait-il lancé en guise de réponse à la question d’un journaliste. Le président de l’ADP ne s’est pas limité à cette seule déclaration inélégante vis-à-vis du chef de l’Etat, car, président de l’Assemblée nationale qu’il est, à chaque fois qu’il se déplace à l’intérieur du pays, ne rate jamais l’occasion de dire haut et fort que le futur président du Mali sortira des rangs de l’Adema-PASJ, qu’il donne aussi vainqueur aux communales de l’an prochain.
L’opposition plus responsable L’Adema comme l’URD qui devraient constituer les locomotives à la mouvance présidentielle ne sont aujourd’hui hantées que par l’horizon 2012, surtout avec les adhésions massives qu’elles enregistrent au fur et à mesure que s’approche l’échéance. Résultat, la mouvance présidentielle est plongée dans une léthargie, un mutisme coupable vis-à-vis des préoccupations actuelles du pouvoir. Le seul service qu’elle a peut être rendu au président de la République a été le vote massif de la Déclaration de la politique générale du Premier ministre, Modibo Sidibé. La crise scolaire, la cherté de la vie, la crise du Nord, l’abolition de la peine de mort, n’ont jamais été expliquées par aucun de la quarantaine de partis politiques alimentairement alignés derrière le pouvoir, abandonnant ATT à un triste sort devant son peuple.
Ce vide laissé par la mouvance présidentielle a donc profité à l’opposition qui, il faut le reconnaître, est en train de jouer sa partition. D’abord sur la crise du Nord, le FDR a organisé un atelier national de réflexion sur sécurité, stabilité et développement dans la espace sahélo-saharien du 30 nombre au 1er novembre 2007, où les résolutions issues de ce forum ont été soumises à l’appréciation du chef de l’Etat.
Ensuite, elle envisageait convoquer un collectif de concertation national sur la paix et la stabilité dans la bande sahélo-saharienne, si l’initiative n’était pas venue trouver que le président de la République s’était déjà inscrit dans une telle logique. Aussi, le Parena vient d’organiser récemment un atelier sur la vie chère qui frappe durement le pays, alors que son député de Kadiolo, Bréhima Béridogo a interpellé le ministre des Enseignements secondaire supérieur et de la Recherche scientifique, le Pr. Amadou Touré, sur de la crise scolaire.
Le RPM de Ladji Bourama n’est pas demeuré en reste. Il a organisé un atelier sur la crise scolaire où le même Touré a pris part avec d’autres importants partenaires. IBK et les siens ont aussi organisé un atelier sur la privatisation de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) dont les résolutions ont été envoyées au gouvernement. Bref autant d’initiatives avec lesquelles l’opposition malienne s’est rendue utile à la nation, par sa capacité d’information, de sensibilisation et de proposition. Toutes choses qui devaient être l’apanage de la mouvance présidentielle. Malheureusement, celle-ci, aujourd’hui a visiblement démissionné parce que voulant coûte que coûte être calife à la place du calife.
La réunion tenue hier soir au siège de l’ADEMA va-t-elle sonner le réveil de l’alliance ?
Ramata Diakité
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