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Des résultats mitigés

FINANCEMENT AGRICOLE DE LA ZONE OFFICE DU NIGER PAR LES SDF

samedi 21 juin 2008 par Abdoul Karim Maïga

Cependant, malgré plus d’une décennie d’existence, les résultats semblent et être en deçà des espérances.

Un diagnostic partiel a permis d’établir que les institutions de micro-finance ne sont pas en mesure d’une part d’offrir durablement aux producteurs un accès au financement répondant à leurs besoins, et d’autre part de responsabiliser les bénéficiaires en leur donnant le libre choix de l’objet de crédit.

Les systèmes de crédit, qui sont expérimentés dans la zone connaissent de façon générale des insuffisances. Ils prennent peu ou pas du tout en compte les évolutions récentes du système de production des exploitations agricoles.

Celles-ci ont entraîné des modifications importantes dans le système de production et partant des besoins de financement de l’exploitation agricole. Des produits financiers innovants adaptés aux besoins des producteurs doivent être développés. Les services proposés (qui se limitent trop souvent au financement des crédits de campagne) ne répondent plus à la demande de crédit croissante et diversifiée des ménages agricoles. Globalement, la micro-finance ne peut à elle seule, même dans le meilleur des cas, satisfaire ces besoins de financement. Ce qui suppose que le mode de financement doit être perçu dans un cadre plus global incluant non seulement la micro finance, mais aussi d’autres acteurs tels que les banques, les acteurs économiques d’amont et d’aval, les pouvoirs publics et bien entendu les organisations des producteurs.

Le défi n’est pas seulement d’augmenter quantitativement l’offre de financement à l’agriculture, mais aussi qualitativement en développant des produits financiers innovants adaptés aux besoins des producteurs. Par ailleurs, le degré d’implication des bénéficiaires dans la conception et la gestion des systèmes financiers décentralisés est très disparate. Les services financiers semblent inaccessibles, mais souples et contraignants. En outre, les populations ne s’approprient pas ces systèmes. Ceci pose le problème de leur pérennité. La phase de désengagement de l’Etat (où le système devrait être entièrement géré par les bénéficiaires, consacrant ainsi son autonomie) se trouve être compromise.

Dans une perspective d’autonomisation des producteurs et du désengagement des structures d’appui à long terme, il est indispensable de penser dès à présent à la mise en place d’un système de crédit efficace, susceptible de satisfaire les producteurs de façon pérenne.


 

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