Des révocations pour rompre avec l’impunité
dimanche 10 août 2008 par Abdoul Karim Maïga
Il s’agissait tout simplement pour le Conseil des ministres tenu le mardi dernier sous la présidence effective du Chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, d’appliquer la loi portant Code des collectivités territoriales qui dispose que « le maire peut être révoqué par décret motivé pris en conseil des ministres.
Elle précise que, dans ce cas le maire est admis préalablement à fournir ses explications écrites ».
Ainsi, les maires des communes rurales de Diakon (cercle de Bafoulabé), de Gueneibé (cercle de Nara) et de Kareri (cercle de Tenenkou), ont été révoqués. Ces mesures de révocation, précise le communiqué, ont été prises en raison de fautes graves commises par les intéressés dans l’exercice de leurs fonctions ou à cette occasion. Les fautes ont consisté, selon les cas, en des extorsions de fonds ou des perceptions illégales d’impôts, falsifications de documents officiels, usurpation de fonction et complicité dans des traitements inhumains infligés à des citoyens.
Pour l’instant, ce sont ces maires qui ont été sanctionnés. Mais si les choses devaient suivre leur cours normal, plusieurs élus locaux devraient être limogés. A l’intérieur du pays, nombre de maires posent à longueur de journée des actes qui ne relèvent pas de leur compétence. Ainsi, il y en a qui foulent au pied les interdictions de vente de parcelles, des décisions qui émanent de leur ministère de tutelle, à l’image de la commune rurale de Markala où la mairie s’est arrogée le droit de vendre l’espace qui servait d’aérodrome. Les acquéreurs sont d’ailleurs toujours sur le qui-vive.
Même si l’Etat n’a jamais arrêté de s’investir dans le cadre du transfert progressif de compétences, en subventionnant certains projets locaux dans les communes, il est quand même important de noter que certains conseils communaux n’existent que de nom. D’autres n’arrêtent pas d’importuner les populations pour le payement de taxes, alors qu’on ne voit point les réalisations pour lesquelles elles sont perçues, y compris les simples travaux de voirie. Des abus aujourd’hui apparents, même aux yeux des analphabètes.
Par la cupidité de certains maires, la volonté des plus hautes autorités du pays de doter chaque enfant du Mali de pièces d’Etat civil est en train d’être dénigrée. Ils exigent des parents le payement d’une somme importante pour l’acquisition de ces documents ! On rencontre, partout à travers le pays, ces maires qui, en l’espace de quelques années, par le fruit de la corruption, vivent dans le luxe.
Ces élus ont oublié qu’ils occupent un poste électif au point de couper les ponts avec tout le monde.
Les procédures de révocation toucheront certainement un grand nombre d’entre eux.
Abdoul Karim Maïga
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