Dioncounda travail à la hache
dimanche 13 avril 2008 par Alou Daou
Rappelons qu’au cours de la première session l’Assemblée Nationale a voté 31projets de loi sur 36.
Comme on pouvait s’y attendre, le Président de l’Assemblée Nationale, M Dioncounda Traoré n’a pas failli à la tradition. Dans son discours d’ouverture, il a tenu à exprimer ses préoccupations face à ce qu’il convient aujourd’hui d’appeler les grandes crises de l’ère ATT. Il s’agit de la crise du nord, la crise de l’école malienne et la cherté de la vie. S’agissant d’abord de la question du nord, Dioncounda a rappelé que les 19 et 20 mars dernier, des convois militaires de ravitaillement, ainsi que du personnel du Comité International de la Croix Rouge en mission d’évacuation des blessés ont été attaqués par une bande armée.
Et cette action a été revendiquée par Ibrahim Ag Bahanga, conseiller national membre du Haut Conseil des Collectivités Territoriales. Pire, dira-t-il, ces assaillants ont, une fois de plus, semé des mines, dont l’explosion a occasionné des morts d’hommes et plusieurs blessés parmi la population civile et militaire.
Ces événements se sont à nouveau soldés par des prises d’otages.
De plus, a-t-il déploré, le 23 mars, la garnison militaire d’Aguel Hoc a du repousser des agresseurs se réclamant de la même mouvance. L’on retiendra de l’allocution du président de l’assemblée nationale, qu’à peine les accords d’Alger furent signés le 4 juillet 2006, que ces mêmes éléments ont créèrent une dissidence au sein de l’Alliance du 23 mai pour le Changement signataire dudit accord dont la suite fut marquée le 27 août 2007, par des actes criminels notamment àTinzawaten. Aux dires de Dioncounda Traoré, les hostilités ont repris dans le septentrion malien, avec leurs lots de douleurs et de menaces sur l’intégrité territoriale et la cohésion nationale. Cela malgré l’adhésion du peuple malien aux efforts de règlement pacifique déployés par le Président Amadou Toumani Touré.
« Je voudrais dire à ces hommes en rupture de banc avec la nation malienne entière, et plus particulièrement, avec la communauté touarègue dont pourtant ils se réclament, en méconnaissance totale de la société et des réalités maliennes, qu’on ne peut infiniment abuser de la patience et de l’esprit de tolérance du peuple malien tout entier. » Ainsi, il a au nom de la représentation nationale invité les assaillants à saisir les opportunités de règlement fraternel de cette crise qui n’a que trop fait saigner le Mali.
Cependant, le Président Dioncoumda Traoré n’a pas manqué de se poser un certain nombre de questions : « pourquoi ces compatriotes demandent-ils avec une inquiétante constance l’allègement de la présence de l’armée nationale du Mali dans la région de Kidal ? Que veulent-ils ? Cette région n’est-elle pas une partie intégrante du territoire malien ? Ou bien, faut-il consacrer une sorte de no man’s land où l’on pourrait se livrer impunément à toute sorte d’activités peu avouables ? »
« Nous tenons à réaffirmer que le peuple malien souverain doit exercer cette souveraineté pleine et entière sur la totalité du territoire. » a asséné le président de l’hémicycle. S’agissant de la crise scolaire Dioncoumda dira que chaque citoyen a sa part de responsabilité dans la situation actuelle de l’Ecole. Pour lui, sans un sursaut national et patriotique, la refondation du système éducation ne sera pas possible. Touchant du doigt la cherté de la vie, Dioncoumda Traoré dira que partout dans le monde, la flambée des prix des produits de première nécessité, plus particulièrement des denrées alimentaires est d’actualité. Toutefois dira-il dans les pays moins avancés la situation prend des proportions dramatiques.
Mais il a invité le Gouvernement à faire preuve de vigilance, pour réduire autant que faire se peut le fardeau de la hausse des prix.


