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Les négociations d’Alger marchent en reculons

jeudi 10 juillet 2008 par Issa Camara

Ces pourparlers, entrant dans le cadre des accords d’Alger, ont été vécus par les nôtres comme un véritable retour en arrière dans les négociations. La rébellion, à la grande surprise et du Mali et de l’Algérie, en a profité pour mettre sur table de nouvelles exigences. Au nombre de celles – ci, le rappel immédiat du colonel El Hadj Gamou, de même que l’abandon total des positions qu’il avait eu à occuper à la faveur de ses récentes offensives. Comme on pouvait s’y attendre, le négociateur Algérien a dit niet : pas de nouvelles doléances. De son côté, la partie malienne en a répondu par la sourde oreille.

Voilà en gros l’information à se mettre sous la dent à propos des récents échanges entre le Mali, la rébellion et l’Algérie dans la capitale de ce pays. En regardant de près cette nouveauté de la rébellion, impossible pour nous de pas nous poser des questions : Pourquoi le colonel Gamou ? Est-ce que Bahanga veut réellement la paix ? Voilà 2 interrogations sur lesquelles il y a fortement lieu de cogiter, en cela que du sérieux, la gestion de la crise du nord Mali, les négociations allais je dire, prend petit à petit la forme d’un jeu d’enfants.

Tout se passe comme si on faisait appel à des hauts responsables d’une nation pour aller discuter d’un sujet précis, mais à la dernière minute, c’est un autre sujet de plus qui surgit, n’ayant rien à voir avec le sujet initial. Ou encore, on dit et prépare quelque chose, dans les heures ou jours qui suivent c’est tout le contraire qui se passe. J’en veux pour preuve, la récente volte face de la rébellion à Alger, mais surtout la trahison qui a précédé l’attaque d’Abeïra, attaque au sortir de laquelle l’armée malienne a comptabilisé l’une de sa plus grande et importante perte en vie humaine.

Alors, en faisant du rappel de Gamou une de ses nouvelles exigences, en plus de son extrême insistance sur le retrait de la troupe malienne d’une partie du nord Mali, nous comprenons aisément qu’Ibrahim Ag Bahanga est entrain de donner une autre orientation au processus de negociation, tout simplement il est tombé sur plus fort que lui. Et il ne compte pas y demeurer. Face à cela, sa stratégie est de tout faire pour effacer ce plus fort, non par ses propres moyens parce qu’il ne peut pas ; mais grâce à l’Algérie, un pays dont il espérait la pression sur les autorités maliennes pour arriver à ses fins.

Mais l’Algérie a bien compris le jeu et il a vite fait de rappeler Bahanga à l’ordre : les négociations ne sortiront pas du cadre des Accords d’Alger.

Bahanga veut – il la paix ?

C’est la grande interrogation que se pose tout le Mali eut égard aux conduites de la rébellion.

En ramenant de nouvelles doléances, du reste impossible à faire, en plus de celles déjà rejetées par le Mali, il y a vraiment de quoi dire que Bahanga se plait à jouer avec les nerfs des autorités maliennes, sinon la paix est le dernier de ses soucis. Voyons cela ensemble. Dans sa parution n°2426 du 03 juillet 2008, notre confrère l’Info Matin a fait des révélations sur les nouvelles exigences d’IBrahim Bahanga. Celles – ci, outre le cas Gamou, pose des problèmes comme le recrutement de 1000 combattants rebelles dans l’armée malienne ; le remplacement du gouverneur Ag Illene de Kidal par un des leurs ; le redéploiement d’un certain nombre de cadres de la 8ème région vers d’autres cieux. La liste n’est pas exhaustive.

Peut – être que le Mali est une propriété d’Ibrahim Ag Bahanga, c’est la seule chose qui peut bien motiver une telle fuite en avant, sinon rien d’autres.

En tout cas, il reste clair que le Mali n’acceptera jamais de se plier à de telles exigences, encore moins à continuer à faire plaisir à Ibrahim Ag Bahanga parce qu’il faut faire la paix à tout prix. Alors s’il ne veut pas la paix, il va falloir trouver de quoi tempérer ses ardeurs, comme l’a su bien trouver le colonel El hadj Gamou, sous la coupe d’un chef d’état major général de choc qu’est le Colonel Gabriel Poudiougou.

Si c’est l’option feu et sang que Bahanga défend en catimini, alors on y va.

Rira bien qui rira le dernier.

@La Rédaction

 

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