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Ecole malienne = bateau abandonné dans la tempête

Coup de gueule

mercredi 21 mai 2008 par Seybou KEITA

Face au drame annoncé, le commandant se cherche. Mais impossible pour lui de se retrouver, parce qu’il est tout simplement dépassé par les événements. Plutôt que de suivre les conseils, disons les mises en garde, d’un équipage assez expérimenté et pris au piège dans un navire qui prend l’eau de toute part, le commandant en a cure. Pour lui, la solution c’est lui et sans lui pas de solution. Alors, les marins se fâchent. Ils baissent le bras : que le bateau coule.

Très curieusement, tout cela se passe au nez et à la barbe de l’armateur qui semble prendre fait et cause pour le commandant. Comme ce dernier, l’armateur s’illustre par un silence qui en dit sur ses réelles capacités à faire face à la situation.

Pourtant, le bateau coule et avec lui tout un équipage et des passagers. Le commandant, bien que dépassé par les événements, s’accroche à ses galons et à sa place. Il a vraiment intérêt à s’y accrocher énergiquement, parce que l’équipage l’attend de l’autre côté du rideau pour lui rafraîchir la mémoire. Ils le savent tous, leur commandant a longtemps vécu le calvaire du marin avant d’être propulsé à la direction du bateau. Donc, le commandant n’est pas un diable mais il est tout simplement un marin à qui on peut dire les 4 vérités et s’il dit non ou fait autre chose, nous le montrerons de quel bois nous nous chauffons, se disent-ils.

Comme prévu, l’affaire se passe ainsi. L’équipage dit noir, le commandant dit blanc. Enfin de compte, c’est le divorce total. Les deux parties ne soufflent plus dans la même trompette et le bateau continu à s’enfoncer un peu plus au fond de l’océan. De leur côté, les passagers estiment avoir été longtemps manipulés.

Donc, eux aussi sortent de leurs cabines. Du commandant aux membres de l’équipage, à qui faut – il régler le compte ?

Pour le moment, ils ne sont pas arrivés à faire le choix mais toujours est –il qu’ils ont décidé de ne rien savoir. Leur maître mot est désormais : « on fait tout pour progresser ou on ne fait rien pour progresser ».

Pourtant, le bateau coule et continue à couler dans l’indifférence totale de l’armateur.

Pauvre de bateau !

Pour votre information, ce navire qui plonge dans les profondeurs de l’océan, bat pavillon malien.

Il s’appelle Ecole et est piloté par le commandant Amadou Touré.

Il est rempli de passagers nommés Elèves et Etudiants. Modibo Sidibé est l’armateur de ce bateau.


 

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