Le président du conseil d’administration, Adama Seydou Traoré, que nous avons rencontré explique que Énergie du Mali, entreprise citoyenne, est tenue par une obligation de service public.
Cette vocation fait que la société, malgré ses moyens limités, s’emploie à faire face aux besoins croissants de la population. Mais aujourd’hui, la demande en eau et en électricité dépasse les capacités d’EDM-SA. Et le patron du conseil d’administration d’expliquer que contrairement à ce que pourraient penser les usagers, les coupures et les arrêts de service cause des dommages à l’entreprise qui y perd beaucoup en termes financiers.
En dépit de ses aléas, la société de distribution d’eau et d’électricité s’efforce d’assurer un service régulier. Adama Seydou Traoré constate à ce propos que 2007 a été difficile pour Énergie du Mali. Avec la baisse du niveau de l’eau dans les lacs des barrages hydroélectriques (phénomène provoqué par la mauvaise pluviométrie), EDM avait dû se rabattre sur l’une des turbines de la centrale thermique de Darsalam. Mais ce palliatif avait son prix car la turbine est une dévoreuse de carburant : elle coûtait à la société environ 60 millions de Fcfa par jour. Ce scénario pourrait être évité cette année, malgré la baisse du niveau du fleuve Niger.
En effet, EDM table sur l’extension de la centrale de Sotuba. Elle espère également une subvention de l’État. Le budget global de l’entreprise se chiffre à environ 37 milliards de Fcfa. Une enveloppe jugée très insuffisante au regard des besoins de la population.
En dépit des difficultés actuelles, le président du conseil se montre confiant en l’avenir. "La situation est en phase de changer. La baisse des prix reste le souci majeur de tout le monde.
Mais il est difficile de le faire sans une subvention de l’État", explique Adama Seydou Traoré. À ce propos, il a souligné un nouvel élément susceptible d’influer sur les tarifs : le vaste projet d’interconnexion avec la Côte d’Ivoire qui permettra de diminuer sensiblement le coût de production de l’électricité qui passera graduellement de 120 à 60 Fcfa le kw.
"L’avenir est prometteur", juge le président du conseil d’administration en citant les nombreux de barrages en perspective : ceux de Kénié et Félou dont le financement est acquis, celui de Gouina en phase d’étude de faisabilité. Quand tous ces projets auront abouti et s’ajouteront aux acquis actuels, notre pays figurera parmi les États de la sous-région où l’électricité sera bon marché.
Autre projet pour préparer cet avenir prometteur : la création d’une cellule d’étude sur l’énergie solaire dans le nord du pays.
Abdoul Karim Maïga
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