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Lutte contre la corruption et la délinquance financière

jeudi 24 juillet 2008 par Alou Daou

Le phénomène est tellement ancré dans les habitudes que l’ensemble de l’appareil d’Etat est grippé. Le pire c’est qu’on on a tendance à le banaliser.

Pourtant, il est là et il ronge l’économie du pays comme la rouille sur un morceau de fer. Les structures de contrôle mises en place pour en éradiquer peinent aussi à donner des résultats. Il s’agit de : L’Inspection des Finances, la Cellule d’Appui aux Services de Contrôle de l’Administration (CASCA), le Contrôle Générale des Services publics, (CGPS), le Bureau du Vérificateur Générale (BVGAL).

Ces structures ont travaillé et continuent de travailler.

Elles ont toutes produits des rapports et les ont rendu public.

Mais quelle suite a été réservée à ces différents rapports ?

Difficile de répondre à cette question avec certitude. Ce que l’on sait par contre, c’est que l’opinion publique n’est pas suffisamment informée. Car au sujet de ces rapports, certains maliens vous diront que les dossiers sont classés pour de bon. D’autres diront que les structures de contrôle n’ont plus leur raison d’exister, car « il ne sert à rien d’incriminer des personnes ou des services s’il n’y a pas de suite ».

Au finish, c’est un sentiment d’impunité qui s’installe chez le bas peuple. Un sentiment d’ailleurs partagé par certains Partenaires Techniques et Financiers, voire même certains responsables des structures de contrôle, d’où la méfiance.

« Les structures de contrôle font un travail relativement bien, mais l’administration et la justice ne sont pas capables de saisir les dossiers et les poursuivre », a expliqué Darquis Gagné de l’ambassade du Canada. C’était lors d’une rencontre avec le Comité préparatoire des États généraux sur la corruption et la délinquance financière. « La montée du phénomène de la corruption s’explique par la faiblesse des textes législatifs et réglementaires et leur application » explique pour sa part Madame Diallo Oumou Traoré Président du Contrôle générale des services Publics, pour la même circonstance.

Il est évident qu’il n’est pas facile d’éradiquer un comportement qui s’est installé depuis plusieurs décennies, mais force est de constater que la lutte contre le phénomène reste une condition sine qua none pour que ce pays puisse amorcer son développement. Par ailleurs, la condamnation de l’ex Président Directeur Général de la Banque de l’Habitat du Mali BHM sa Mamadou Baba Diawara et son complice Ismaïla Haïdara montre bien que la justice malienne a fait preuve de fermeté dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière.

Mais cela n’est qu’une goûte d’eau dans une marre boueuse.


 

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