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Entre incohérences et trahisons

PARENA-SADI-FDR

samedi 19 juillet 2008 par Abdoulaye Diakité

Leur union actuelle découle d’une trahison du RPM à l’endroit du PARENA en octobre dernier, et qui a contraint Oumar Mariko à faire chemin, malgré lui, avec un membre du FDR, dont il n’a jamais cessé de mettre en cause la moralité des dirigeants.

Le PARENA et le parti SADI sont deux entités politiques issues du CNID FYT de Me Mountaga Tall. Ils ont tous déserté à cause de la gestion patrimoniale et arbitraire qui frappait le parti du Soleil levant en son temps.

Depuis la création du parti SADI, ses dirigeants se sont toujours voulus décisifs dans leurs attitudes et n’ont jamais été guettés par la tentation de monter à Koulouba.C’est donc un parti dont le secrétaire général, le phénomène Oumar Mariko, n’a jamais gardé sa langue dans sa poche chaque fois que le besoin s’est fait sentir. Avec Alpha Oumar Konaré, il n’a jamais mâché ses mots face aux préoccupations nationales, surtout à propos de l’école où il a été leader estudiantin. Quand l’actuel locataire de Koulouba est arrivé en 2002, à cause de son slogan de rassembleur, il a réussi à faire venir le président du SADI, en l’occurrence Cheick Oumar Sissoko, dans le gouvernement. A l’époque, beaucoup se sont interrogés l’accord de ce dernier. Pour de nombreux des partisans, cela était de nature à faire taire Oumar Mariko, du fait qu’il ne pourrait pas être juge et partie. Mais c’était mal connaître celui qui ne cesserait jamais avec ses prises de positions farouches et sans démagogie. Des fois, ses adversaires ont essayé, sans succès, de l’opposer à Cheick Oumar Sissoko, encore membre du gouvernement.

Tel est l’homme de crédit qui ne triche pas avec ses convictions.

Mais là où il surpris beaucoup de ses partisans, c’est quand en octobre dernier pour la création d’un groupe parlementaire, le parti SADI a osé se liguer avec un apprenti opposant, le PARENA, ce parti toujours en quête de victuailles politiques, à mille lieues de véritables convictions. Beaucoup d’observateurs avertis de la scène politique de notre pays se sont demandé comment un parti intraitable quant à ses convictions peut accepter de convoler avec un autre à moralité douteuse.

C’est vrai que le PARENA s’est reconverti en opposant, mais une opposition de circonstance, qui venait de faire un retournement de veste.

Pourtant Oumar Mariko et les siens devaient être les mieux avertis de la versatilité dans les discours et actes qui caractérisent la conduite des béliers blancs, d’autant plus que c’est eux-mêmes qui se sont réservés d’une participation dans le FDR, au prétexte que ces leaders ont une moralité douteuse. « Nous ne feront pas partie d’un regroupement à moralité douteuse » a-t-il lancé en faisant allusion au fameux FDR. Le Dr Mariko avait toutes ses raisons, car, il sait très bien que les figures imposantes dudit regroupement que sont : le RPM, le PARENA et la CDS Mogotiguiya, ont toutes soufflé dans la même trompette que Koulouba quand elles broutaient encore son herbe et qu’un petit sevrage a suffi pour qu’elles voient tout en noir.

Donc ce qui est pourri est pourri et le parti SADI ne devrait pas se souiller en cheminant avec un parti comme le PARENA, fût-il devenu opposant. Oumar Mariko savait pourtant que c’est le même PARENA avec lequel il scelle le pacte d’opposants à l’Hémicycle, qui était dans un passé encore vivace dans les mémoires, le chantre du régime d’Amadou Toumani Touré. C’est lui qui s’est fait le devoir d’aller expliquer aux populations à l’intérieur du pays les tenants et les aboutissants des accords d’Alger du 04 Juillet 2006. C’est encore lui qui chantait sur tous les toits les mérites du président ATT. Et en un rien de temps, suite à un petit incident, le même parti retourne sa veste pour vitrioler tous les chantiers du même régime.

Il y avait là de quoi faire réfléchir beaucoup le SADI avant de nouer toute alliance avec ce parti.

Pourtant c’est ce qui est arrivé en octobre dernier, quand les mêmes membres du FDR, habitués aux tergiversations, se sont trahis lors de la mise en place du bureau de l’Assemblée Nationale. En effet, réduits en minorité par la mouvance présidentielle, les partis du FDR auraient tous dû renoncer à une participation au bureau comme convenu, et d’ailleurs au nom de l’opposition, Me Hamidou Diabaté du PARENA était venu éclairer la lanterne de l’assistance le deuxième jour de la rentrée parlementaire, en disant ne pas être surpris par l’absence de l’opposition dans le nouveau bureau, celle-ci n’ayant fait acte de candidature pour aucun poste. Mais grande sera la stupéfaction générale quand on a vu le RPM de Ladji Bourama figurer dans cette instance dirigeante.

Il a fallu que les uns et les autres crient au scandale de la trahison pour que le RPM claque la porte, pour réaffirmer son ancrage dans l’opposition. Mais le coup était déjà parti et c’était la confirmation que les membres du FDR ne méritent pas la confiance, car toujours prêts à trahir. Aujourd’hui, c’est vrai que le tandem PARENA-SADI fonctionne actuellement cahin-caha à l’Assemblé Nationale, mais le parti SADI doit s’attendre à une trahison de la part de son allié, toujours prêt à s’en aller à la recherche de victuailles.

Déjà, lors d’une conférence de presse du PARENA, tenue au mois de mai au Centre International de Conférences de Bamako (CICB), Tiébilé Dramé, interrogé sur la question s’exprimait en ces termes : « Pour le moment, l’alliance continue sans anicroches ».

Des propos qui laissent dubitatifs……


 

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