Entre le Vice et le Mal profond,y a-t’il un pas ?
mardi 22 juillet 2008
Hop ! À ma montre, il est minuit. Et, nous voilà maintenant quelque part, dans un espace perdu au quartier Sogoniko, et plus précisément, à « Biribougou ».
Un vrai coupe-gorge !
Si vous voulez comprendre ce qui s’y passe, référez-vous à la racine du nom de ce lieu en bambara. Si « biri » signifie, se baisser en bamanan, sachez que là-bas, tout le monde se baisse. Car, après des marchandages d’une à deux minutes pour une « passe », le couple se courbe, la fille s’appuyant sur le mur pour dégager sa croupe. Le reste ne se décrit pas…
Ensuite, cap sur la rue princesse, au quartier Hippodrome. Le spectacle est hallucinant. De par et d’autre de la route, les péripatéticiennes attendent le potentiel client, et gare à la première voiture qui se gare : elle provoque une ruée vers « l’or ». Chacune voulant servir le client en priorité. Mais attention, dans les bars d’en face, sont tranquillement assis les proxénètes armés jusqu’aux dents. Et dont on dit qu’ils sont de véritables Lucky Luke, c’est-à-dire toujours prêts à tirer plus vite que leur ombre. Justement, un de ces colosses, patrouillant en moto dans sa zone d’opération, est venu corriger sauvagement une fille de son écurie, tranquillement adossée à un mur, attendant une proie. Motif : la fille serait depuis quelques temps, peu productive, nous confie-t-on, sans autre forme de commentaire.
Vers le milieu de la nuit, nous descendons vers le rond-point Cabral de Lafiabougou. La zone qui s’étend de Lafiabougou à l’ACI est jugée « hot » par les connaisseurs.
D’habitude, les péripatéticiennes prennent d’assaut la partie droite du rond-point. Mais nous ne voyons rien de ce côté. Selon les renseignements pris auprès des chauffeurs de taxis stationnés à l’entrée d’un bar à côté, les flics seraient déjà passés. Dans ce cas, les filles disparaissent toujours rapidement, fugaces, ombres chinoises se fondant dans le noir de l’obscurité.
Néanmoins, nous garons la voiture devant le resto chine-toque F..., histoire de donner à mon guide du jour le temps de griller une clop. Quelques minutes après, un taxi se gare à nos pieds et déverse aussitôt sa cargaison de quatre superbes nymphes dont l’une se hasarde à nous provoquer du regard, avant de se décider finalement à entamer avec nous, un dialogue.
Elle est grande, belle, la poitrine bombée, toute de noir vêtue.
Un pantalon qui enveloppe ses jambes de gazelle et un décolleté noir laissant apparaître son teint éclairci par les produits, pour briser sommairement l’uniformité. Elle dit venir d’un pays voisin et n’aimerait pas trop discuter.
Sur un ton ferme, elle nous communique ses prix : « 5.000 FCFA, pour la passe et, 15 000 balles, pour la nuit entière ! À vous de voir…, quant à moi, je suis prête ».
Des maisons closes…


