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Et ces campagnes de dénigrement contre les hauts cadres de l’Etat ?

La guerre aux fauteuils

vendredi 14 mars 2008 par Youssouf Coulibaly

Il s’agit notamment de ceux qui espéraient être reconduits dans leur fonction de ministre et qui ne l’ont pas été, et ceux dont le rêve d’entrer dans le gouvernement ne s’est pas encore réalisé.

En effet, la troisième catégorie des frustrés et mécontents est certainement composée de ceux qui espèrent bénéficier d’une nomination dans les cabinets, les Directions nationales, les Directions administratives et financières et dans les ambassades et qui attendent encore.

Ne parvenant pas à supporter cet état de fait certains d’entre ces mécontents semblent être entrés en « guerre » contre ceux dont ils visent le poste ou ceux qui semblent être leur handicap pour arriver à cette fin. Pour certains, les accusations contre le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau Hamed Sow se situeraient dans ce contexte. Ce haut cadre malien n’a jamais douté du soutien et de la solidarité de ses compatriotes pendant tout le temps (des dizaines d’années) qu’il a mis au CDI. Cependant, il a fallu qu’il soit nommé ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau pour qu’il se retrouve au cœur des accusations les plus invraisemblables. On reprochait notamment à l’homme d’être au cœur d’une gestion controversée à la tête du CDI. Des mauvaises langues sont parties plus loin en accusant l’homme d’avoir en tant que directeur du CDI favorisé dans le financement des entreprises maliennes et sénégalaises dont on le dit actionnaire.

Cette information, qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive, n’a pas résisté à l’épreuve de la confrontation lumineuse que le Gouvernement du Mali avait prônée à l’époque en faisant organiser à la Maison de la Presse une conférence de presse animée par le principal concerné de l’affaire. A cette occasion, Hamed Sow, accompagné à l’occasion par le ministre Chargé des Institutions Porte Parole du Gouvernement, Mme Diabaté Fatoumata Guindo, a mis au défi quiconque d’apporter les preuves des malversations dont ilétait question. A l’occasion, il a déploré le fait que les hommes de médias l’aient jamais approché au moment où les articles de presse se multipliaient.

D’autres départements ministériels de l’actuel gouvernement ont eu leur tour chez le coiffeur en subissant des accusations qui frisent le règlement de comptes personnel. Après eux c’est, semble-t-il le tour des services, des DAF n’ont pas échappé à la méthode, quand on sait que l’heure est aux nominations après un remaniement ministériel. Pour sa part, le DAF du ministère de la Culture, Cheick Hamalla Haïdara, avait été, à tort, affirmé être au cœur d’une escroquerie sur un vieil artisan du nom de Sékou Touré, fabricant d’un hélicoptère, d’une moto et d’un globe terrestre géant. L’homme a été accusé d’avoir fait photographier lesdites œuvres d’art et d’avoir trouvé ensuite en Occident des partenaires desquels il recevrait chaque année des millions de nos francs. Le moment est venu de blanchir « l’accusé qui n’était vraiment pas coupable des faits à lui reprochés ». Tout serait parti d’une banale affaire qui remonte à 2006. A cette époque, le vieil artisan Sékou Touré avait fait la connaissance du DAF du département de la culture par le truchement d’un des amis de ce dernier qui réside dans le même quartier que lui. De passage devant la maison du vieil artisan à Lafiabougou, le DAF du ministère de la culture avait été invité par son ami qui voulait, semble-t-il, lui faire visiter de belles œuvres d’art confectionnées par un homme du troisième âge.

C’est à cette occasion que le DAF aurait suggéré au vieil artiste de chercher à se faire connaître et à faire connaître son talent des personnes de bonne volonté pour un éventuel soutien. Connaissant le penchant de son ministre de cette époque, Cheik Oumar Sissoko, pour les œuvres d’art, il ne pouvait que l’indiquer au Vieux Touré comme appui potentiel. Ainsi, il lui a demandé d’adresser au ministre Sissoko une demande de soutien accompagnée des images de ses inventions. Dont la grande dimension les empêchait d’être transportés au ministère de la Culture afin d’être vues par le ministre. La seul solution qui s’imposait : les photographier et joindre ces images à la demande. Séance tenante le visiteur du jour (le DAF du ministère de la culture) a fait appeler un photographe pour les prises d’images.

Les photos prises ont entièrement et sur-le-champ été financées par le visiteur qui ne les a plus vues encore moins gardées sur lui. Or, il avait été colporté que les photos prises ont été utilisées par le DAF pour convaincre les partenaires étrangers. Même s’il avait emporté les photos, peut-il se faire des millions avec de simples images ? Quel est ce partenaire qui débourse des millions pour des œuvres d’art qu’il n’aurait vues que sur images ? Si des photos d’œuvres d’art pouvaient apporter des millions, les professionnels de la photographie ne seraient-ils pas les plus nantis des Maliens ?

Au regard de la légèreté des arguments avancés pour faire croire à une escroquerie, on est en droit de penser qu’il s’agit là d’une campagne de dénigrement contre les hauts cadres de l’Etat.

Qui est derrière cette campagne ?

C’est la question que se posent beaucoup de personnes.


 

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