Très bien mis dans son habit de donneur de leçons, notre confrère omniscient et omniprésent a criblé de balles ses confrères de malheur des médias privés en qui il ne voit que des mendiants et des maîtres-chanteurs passant leur temps à harceler d’honnêtes citoyens pour des sommes misérables.
Son réquisitoire allait convaincre l’auditoire, s’il n’avait pas eu en face de lui un journaliste responsable en la personne de Tiégoum Boubèye Maïga, qui lui répondit que les brebis galeuses gambadent aussi bien dans la cour de la presse privée que dans celle des médias d’Etat. C’est grâce sa pudeur et à un sens élevé de l’éthique et de la déontologie qu’il n’a pas mis le doigt sur les plaies béantes de la maison de Bozola en la matière. Or Dieu sait que ça pue dans la boîte de Sidiki N’Fa Konaté. A commencer par l’escroquerie commise par les grands journalistes de l’ORTM à l’endroit des usagers : après avoir payé contre reçu la somme de 150 000 Francs, ils sont obligés de verser à chaque membre de la cohorte, jusqu’aux chauffeurs, une prime de motivation.
Ces journalistes, qui ont tous une agence de communication pour facturer leurs prestations, retardent autant qu’ils veulent la diffusion des éléments quand leur facture n’est pas payée. Et même pour animer un débat, ils demandent de l’argent à celui qui en a eu l’idée ! Pour mieux saigner le client, ils lui font louer des caméras qu’on trouve chez Sidiki N’Fa Konaté, et qui sont facturées à 10 000 FCFA/jour. Salif Sanogo sait tout cela, comme il sait que des agents plus courageux vont jusqu’à utiliser des factures parallèles de l’ORTM et ses cachets pour faire payer les usagers.
Reste encore le cas de ceux qui mènent dans la boîte des activités de piraterie des œuvres artistiques du Mali au profit de réseaux mafieux du Moyen Orient. Salif Sanogo est au courant de toutes les règles établies à son service pour la promotion des cadres : pour les hommes, il faut être un bon suiviste, pour ne pas dire un bon lèche-cul. Ceux qui ne veulent pas baisser le pantalon sont mis bannis des avancements. Pour les femmes, il faut savoir se servir de ses charmes. N’importe quelle femelle callipyge sortant de n’importe quelle école se fait une place de choix dans le service de choix après avoir accepté de livrer une partie de jambes en l’air avec qui de droit.
Notre confrère spécialiste de tous les dossiers aurait mieux fait de dire que la presse malienne a mal partout.
Malheureusement, on n’est pas grand journaliste parce qu’on sait crier et étaler ses connaissances sur toutes les places.
Markatié Daou
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