Fait avéré ou Règlement de compte ?
mercredi 23 juillet 2008 par Seybou KEITA
En effet, le vendredi 11 juillet 2008, les actionnaires de la société du pari mutuel urbain du Mali (PMU Mali) se sont rencontrés dans la salle de conférence de l’hôtel nord sud à Bamako pour faire le point de l’exercice 2007 de ladite société.
Cette année les choses ont été perçues autrement par certains actionnaires.
Ceux – ci, au nombre desquels l’actionnaire Alassane Dramé, estiment que le PDG Idrissa Haïdara est à l’origine d’une gestion calamiteuse de la société. Dans un communiqué de presse dont nous avons reçu copie, il ressort ce qui suit : « de l’analyse du rapport 2007, il ressort une gestion calamiteuse du PDG. Une société pourvoyeuse de ressources financières importantes en liquidité, connaît aujourd’hui une trésorerie saignante à cause du manque de rigueur du PDG ».
Pour justifier la gestion calamiteuse de M. Haïdara, le communiqué avance : « un prêt au trésor public pour l’achat de cinq véhicules Land Cruiser au compte du ministère des finances sur le fonds japonais depuis l’exercice 2003, reste non remboursable encore ; un autre financement à l’Etat à hauteur de 649 919 895 FCA et une avance de représentativité de 22 750 000 f CFA demeurent sans suite…entre autres ».
Selon le même communiqué, signé de l’actionnaire Alassane Dramé, comparativement à l’exercice 2006, la trésorerie du PMU a connu une chute vertigineuse de 34% en 2007, passant de 1 648 459 664 f CFA à 1 096 089 163 f CFA.
Dans la même logique, le communiqué fait cas de la situation des agents de traitements qui, à travers leur syndicat, ont intenté un procès contre le PMU Mali et l’affaire reste pendante devant le tribunal du travail de Bamako.
Contacté par nos soins, l’actionnaire Alassane Dramé maintient sa position quitte à nous donner d’amples informations dans les jours à venir. Pour en savoir un peu plus sur ce cafouillage, nous avons mené notre propre enquête auprès de source bien introduite au PMU.
Le PDG est – il responsable d’une gestion calamiteuse ?
C’était la 1ère équation qu’il fallait résoudre.
Force est de constater que nos enquêtes n’ont pas abouti à grand-chose, sauf que de l’avis des personnes contactées, il ressort que le PDG Haïdara est tout simplement victime d’une cabale organisée par une poignée de petits actionnaires.
Pourquoi une cabale, somme nous interrogés.
La réponse a été claire : « le poste de PDG du PMU Mali, excepté feu Nouhoum Traoré, n’a jamais été ni du beurre, ni sans soucis, contrairement à ce que beaucoup de maliens le pensent », nous a confié une source proche de la société. En tout cas, mauvaise gestion ou pas, il faut reconnaître que le PDG Idrissa Haïdara a apporté plus de bien que de mal au PMU Mali. Pour preuve, l’augmentation assez significative du chiffre d’affaire, l’introduction de nouvelles formes de paris comme le Quarté, Quinté…, l’ouverture du PCR (Point de Course en Direct), et présentement le renouvellement du siège, … Concernant le cas des agents de traitement, dont le communiqué de presse fait cas. Nos démarches nous ont permis d’en savoir un peu plus. Cette affaire existe bien au sein du PMU Mali, mais delà à dire qu’elle découle d’une mauvaise gestion du PDG, est tout simplement exagéré, a commenté une personne bien introduite au PMU.
C’est vrai que les agents de traitements ont fait des revendications bien légitimes (amélioration de leurs conditions de vie et de travail), mais au PMU Mali, l’heure est à la modernisation, nousa confié un autre interlocuteur. Modernisation pourquoi, parce qu’il faut tout simplement remplacer les agents de traitement par des machines plus performantes dans le traitement, moins coûteuses en terme d’argent, et plus sûres dans l’établissement des tickets gagnants ou perdants.
Tout cela pour le bonheur des parieurs, du PMU et de l’Etat Malien.
Voilà l’option qui, avant d’être mise en place au PMU Mali comme c’est le cas ailleurs, semble causée beaucoup de soucis, surtout du côté des agents de traitements.
Car, avec l’arrivée des machines, c’est tout simplement le chômage qui leur ouvre le bras.
Face à la situation et aux craintes des agents de traitements, des craintes d’ailleurs justifiées, les alternatives ne manquent certainement pas. Parmi celles – ci, on peut bien former plusieurs de ces agents et les confier la gestion des nouvelles salles de paris en direct qui seront bientôt ouvertes à Bamako, ainsi de suite...
Affaire à suivre


