« Je n’ai ni le pouvoir d’attribuer ni de retirer une parcelle à qui que ce soit »
jeudi 3 juillet 2008 par Abdoul Karim Maïga
Les commerçants détaillants du marché de Daoudabougou, en Commune V, se trompent visiblement de cible. Avec à leur tête Mamadou Diarra, ils s’en sont pris à tort au pauvre maire délégué du quartier, Sériba Bagayoko. Ils l’accusent de vouloir les exproprier de leurs parcelles au profit d’un homme d’affaires nanti de la capitale.
L’élu de Daoudabougou, dont le rôle de maire se limite à célébrer les mariages, à signer les actes de naissance, de décès et de légaliser les attestations, s’est dit indigné par ces accusations. Ainsi, pour redorer son blason, il a décidé de s’expliquer pour mieux informer les populations. « Je ne suis ni de près ni de loin mêlé à l’opération d’attribution du marché de Daoudabougou qui s’est déroulée en 1997 sous le mandat de Ibrahima Diony.
Lequel a exclu les conseillers pour exécuter l’opération avec des techniciens.
Je défie devant les juridictions quiconque détient une quelconque preuve contre moi pour un détournement de parcelles dans le marché de Daoudabougou » a-t-il laissé entendre. Selon le maire, le seul rapport qu’il a eu avec le bureau des commerçants détaillants consistait à les informer du contenu du projet d’aménagement du marché piloté par la mairie de la Commune V. Un rôle qui n’avait rien à voir avec un quelconque détournement de parcelles. « Je suis surpris qu’on m’accuse d’avoir exproprié les commerçants détaillants de leurs parcelles pour les donner à un homme d’affaires que je ne connais même pas. Pire, on me reproche d’avoir invité la police pour intimider les commerçants », s’exclame-t-il.
Un règlement de comptes politique
Il faut rappeler que le parcours politique de Sériba Bagayogo à Daoudabougou a été marqué par plusieurs épreuves. A l’approche de chaque élection communale, depuis 1999, ses détracteurs tentent de lui mettre le bâton dans les roues. Pour ce faire, ils l’accusent de tous les péchés d’Israël. A la veille des élections communales de 2004, il a même failli être molesté par une foule de jeunes agités qui, a défaut de le trouver, s’en étaient carrément pris à sa maison. Il a eu la vie sauve grâce aux éléments de la protection civile qui ont foncé chez lui pour le protéger.
De quoi s’agissait-il en fait ?
Dans le cadre du recasement des populations de Daoudabougou qui ont vu leurs maisons démolies lors du lotissement de « Sossorobougou », feu le maire Dieudonné A. Paul Zallé a décidé de donner aux familles sinistrées des lots sur un espace contigu au terrain de foot des jeunes dénommé « Sony terrain ». Les jeunes ayant aperçu Sériba Bagayoko et les policiers du 4e Arrondissement en train de poser des bornes se sont regroupés. Après le départ des forces de l’ordre, ils se sont rendus directement au domicile du maire dans l’intention de le lyncher. Malgré ces événements qui se sont déroulés à la veille des élections communales de 2004, Sériba Bagayoko a réussi à se faire élire à nouveau. Selon lui, la campagne de dénigrement dont il est victime ne fait que préfigurer les élections communales de 2009. Le maire Bagayoko s’est adressé aux populations de la Commune V dans les termes suivants : « Je suis un handicap pour les politiciens de Daoudabougou.
Car, si je suis à la course, ils ont des problèmes. Je leur dis de se tranquilliser car je prends ma retraite politique.
Je ne suis pas candidat aux prochaines communales ».
Abdoul Karim Maïga
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