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Kadhafi, le manipulateur des bandits armés

GESTION DE LA REBELLION TOUAREGUE

jeudi 21 août 2008 par Abdoulaye Diakité

C’est avec un air de chef de famille s’adressant à ses enfants que le Guide de la grande Jamaria Arabe libyenne, le colonel Mouammar Kadhafi, tient ce discours aussi étrange.

« Les armes ne sont pas un moyen pour revendiquer les injustices. Je me chargerai personnellement de vérifier si vraiment les Touareg font l’objet de discrimination au Niger et au Mali.

Sachez que les rebellions sont un désastre pour les familles, les jeunes et l’avenir du continent africain.

Si les Touareg réclament un Etat touareg et si toutes les autres ethnies de l’Afrique réclament un Etat, alors que deviendra l’Afrique ? Le souhait des jeunes Touareg d’abandonner les rébellions est une vraie chance pour développer les pays du Sahara et tout le monde doit applaudir ce geste ».

Voilà en substance les propos que le tout-puissant maître du jeu de cette rébellion maliano-nigérienne, le Guide de la grande Jamaria Arabe libyenne, le colonel Mouammar Kadhafi, a tenu au cours d’une audience accordée au chef des bandits armés du Niger, Aghali Alambo, lequel était en même temps porteur d’un message pacifique de la part de son compère malien, Ibrahim Ag Bahanga.

Aghali Alambo, qui à sa sortie d’audience, a promis d’abandonner les armes depuis le lundi dernier, avant d’annoncer la disposition de son frère malien à libérer une soixantaine d’otages dans les jours à venir, a l’air d’un esclave qui s’est fait requinquer par son maître.

Tout se fait et se dit comme si c’est Kadhafi qui détient les rênes de la paix dans ces parties septentrionales de nos deux Etats, décrète la guerre et la paix quand il veut. Il a fallu attendre un an de rébellion dans ces deux pays, avec des centaines de pertes en vies humaines, pour que le chantre de l’Union Africaine, se rende compte que ces rébellions constituent une menace pour le continent noir. Pourtant l’homme qui tient ce discours de fédérateur est le dirigeant du pays dans lequel se trouvent gardés une bonne partie des otages maliens.

C’est vrai que les soixante otages que le bandit armé malien, Ibrahim Ag Bahanga, entend libérer se trouvent sur le territoire tchadien, mais ses « prisonniers de guerre » ne se limitent pas ceux-là !

Et les autres qui souffrent dans le désert libyen ?

Quand seront-ils libérés ?

Le dirigeant libyen, dans sa guerre de géostratégie, qu’il mène contre l’Algérie pour le contrôle du grand Sahara, par cette sortie inattendue, ne cherche-t-il pas à défier la médiation du pays de Bouteflikha, qui avait commencé à livrer ses premiers résultats, avec la libération d’une première frange, intervenue le samedi dernier ?

Parce qu’avec ce discours, c’est un message dont le décryptage donne : « Vous Algériens débrouillez-vous avec les accords….et moi je décide de la paix quand je veux ».

Cet étrange changement de cap procède-t-il d’une miséricorde que les bandits armés entendent accorder à leurs frères dans le cadre du béni mois de carême qui pointe à l’horizon ?

On se le rappelle, l’an passé, pendant cette même période, Bahanga avait décrété une trêve de manière unilatérale au Mali, pendant qu’au Niger ses compères procédaient à la libération d’otages.


 

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