L’ADM ouvre le débat
mercredi 14 mai 2008 par Abdoulaye Diakité
A quelques mois seulement de l’échec de la signature des Accords de Partenariat Economique par la plupart des sous-régions du continent, dont l’Afrique de l’Ouest, il était tout à fait opportun pour les membres de l’Association Droit au Mali (ADM) de poser le problème devant les forces vives de la nation. Surtout qu’en ce qui concerne notre sous-région, la CEDEAO a prévu d’adopter au plus tard au mois de juin 2008, l’offre d’accès au marché, ce qui devrait permettre de relancer le processus de négociation de l’APE à partir du mois de juillet.
En ce qui concerne notre pays le Mali, le chef de la délégation de l’Union Européenne, Giacomo Durazzo, à l’ouverture des travaux, faisait savoir que l’année dernière, une étude a été menée sur l’impact d’un APE sur les recettes douanières et sur la fiscalité, et récemment, sur demande du ministère des finances, ce travail s’est poursuivi sur la base des propositions d’une liste de produits sensibles afin d’alimenter la position malienne dans les discussions menées pour préparer l’offre d’accès au marché au niveau régional. Selon M. Durazzo, les résultats de l’étude suggèrent que, quel que soit le calendrier et les modalités d’ouverture retenus, l’APE sera d’autant plus bénéfique pour le Mali que l’Etat l’accompagnera de réformes visant à améliorer l’efficacité fiscale. Il avance que les simulations montrent que l’élargissement de 5% de l’assiette fiscale sera suffisant afin de non seulement compenser l’effet de libéralisation sur les recettes fiscales, mais aussi de créer une nette augmentation des revenus par rapport à l’année de base.
Quant au ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, Moctar Ouane, qui présidait la cérémonie d’ouverture, il a rappelé que les études d’impact de l’APE sur l’économie du Mali, en simulations d’accès au marché, dans la perspective de la conclusion de l’accord, ont toutes conclu à des effets négatifs, notamment la baisse des recettes fiscales et un effet récessif sur certaines secteurs productifs nationaux. Pour ce qui est des mesures prises par le gouvernement du Mali, Moctar Ouane souligne que l’action du Mali face aux enjeux de l’APE entre l’Afrique de l’Ouest et l’Union Européenne est inscrite dans une double dynamique.
Premièrement, il s’agit de la création d’un comité national de suivi des négociations des accords de partenariat économique entre l’Afrique de l’Ouest et l’Union Européenne. Cet organe est chargé d’analyser l’état d’avancement des négociations et les effets de l’APE sur l’économie des pays de la sous-région. Deuxièmement, le Mali a plaidé fortement pour que les chefs d’Etat de la CEDEAO soulignent leur attachement à la conclusion d’un APE porteur de développement. Autrement dit, un APE conforme aux intérêts des peuples et pays de la sous-région.
Quant au secrétaire exécutif de l’ADM, Hamzata Haïdara, il a présenté les objectifs de son association, qui sont entre autres de relever le taux d’alphabétisation et la défense des intérêts du peuple malien.
Au cours des travaux, des exposés ont été faits sur des sous-thèmes comme « contexte, principes fondateurs et contenu des APE » ; « les aspects juridiques des APE » ; « l’état actuel des négociations avec l’Afrique de l’Ouest » ; « les défis liés à la compétitivité des entreprises ».


