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L’Etat s’en moque

L’éducation des sourds muets

mardi 16 septembre 2008 par Ali kodio

Et pour cause : en plus de la non gratuité de leur formation, le nombre des centres de formations sont insignifiants par rapport à celui des enfants en âge d’aller à l’école : deux à Bamako, un à Tombouctou, Ségou et Sikasso.

Les défaillances de la politique éducative ne se situent pas seulement au niveau de la faculté des sciences juridique et politique ou au niveau du lycée mais également au niveau de l’école des sourds muets.

D’aucun croiraient que les enfants sourds muets, de par leur nature bénéficient d’un traitement particulier de la part de l’Etat. Mais hélas. Les instituts de formation des sourds muets sont dans leur quasi-totalité privés, occasionnant ainsi des charges relatives aux frais scolaires. En plus, aucun des centres ne comprend un internant pour les enfants n’ayant pas de parents ou de tuteurs dans les zones où se situent ces centres.

Le caractère payant de ces centres n’est pas le véritable casse tête en tant que tel. Car, les parents de ces enfants, pauvres dans leur grande majorité voient l’instruction de leurs enfants se limiter au primaire ou au fondamental à la rigueur pour ceux qui ont des parents ou tuteurs à Bamako. Cependant, dans tout le territoire national, il n’y a aucun lycée pour les sourds muets. Seulement les plus doués trouvent la chance de suivre les études secondaires dans les lycées ordinaires. A l’heure actuelle, un seul élève suit ses études au lycée ordinaire. Ainsi, ces élèves limités au fondamental sont formés pour prendre la relève au niveau de l’enseignement.

Cependant, seul l’enseignement semble être la destinée commune. A défaut de delà, l’enfant est contraint à s’en passer de sa formation. Selon le directeur du centre de formation des sourds muets de la cité UNICEF (DJIGUIYA KALANSO), M. Moussa Sanogo, l’insuffisance du niveau des enseignant est le seul principal obstacle à la multiplication des centres primaire et fondamental au niveau des cercles et communes et également à la création d’un lycée.

« Certains parent sont prêts à supporter les frais de la formation de leurs enfants pour le secondaire, quelque soit le montant » a déclaré M. Sanogo. Pour lui, les difficultés inhérentes à la création d’un lycée peuvent être traitées si toute fois l’Etat est prêt à relever le défi.

Des bourses peuvent être octroyées à certains enseignants afin de se faire des diplômes nécessaires pour l’enseignement a suggéré M. Sanogo. Déjà, l’association malienne des sourds muets a depuis un certain temps établi un partenariat avec la république du Benin qui, occasionnellement forme les enseignants du Mali.

Pour quoi ne pas alors élargir ce partenariat, c’est-à-dire en y envoyant les élèves ou les enseignants ?

Par ailleurs, à défaut des formations au-delà du fondamental, ces enfants peuvent être formés en menuiserie, mécanique ou en couture, facilitant ainsi leur insertion dans la vie socio économique.

En tout cas, il y a lieu d’interpeller les ministères en charge de l’éducation pour que ces enfants, déjà, souffrant de la déficience auditive bénéficient d’une formation entière.

Et espérons que le forum soit une solution aux différents maux des sourds muets et leurs parents.


 

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