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L’admission au concours d’entrée à la Fonction Publique est-elle une panacée ?

LUTTE CONTRE LE CHOMAGE

vendredi 4 avril 2008 par Abdoul Karim Maïga

Mais, c’est un constat : les jeunes comptent beaucoup sur le concours d’entrée à la Fonction Publique que sur les agences susmentionnées. C’est pourquoi il y a lieu de poser la question de savoir si l’admission au concours d’entrée à la Fonction Publique est le remède absolu au chômage.

La création de l’ANPE et de l’APEJ a incontestablement contribué à réduire le taux de chômage dans notre pays. Ils sont à ce jour des milliers de jeunes à pouvoir s’installer grâce à l’appui de ces agences. Des structures qui jouent un rôle d’appui conseil et même d’appui financier en vue d’amener les jeunes à développer les initiatives privées. Des enquêtes permanentes ont permis de constater que des jeunes, qui ne savaient autrefois à quel saint se vouer, ont pu aujourd’hui tirer leur épingle du jeu et pour eux le chômage n’est désormais qu’un triste souvenir.

Même si étymologiquement, chômer signifie cesser de travail, le concept est employé aussi pour ceux qui ne sont pas productifs.

Et c’est malheureusement ce qu’on rencontre au niveau de la Fonction Publique. A ce niveau, si concours il y a, les places à pourvoir atteignent rarement 1000 pour toutes les catégories professionnelles pour des jeunes diplômés qui se comptent par milliers. Tout le monde y aspire, même ceux déjà installés par l’ANPE et l’APEJ, quand bien même certains d’entre eux gagnent bien leur vie. A la proclamation des résultats, les admis sont butés à toutes sortes de péripéties pour être affectés. Ils sont déployés, à en croire le Directeur national de la Fonction Publique, Sidi Traoré, dans une interview accordée à notre confrère l’ORTM, selon un besoin exprimé par les services. Une affirmation qui est en flagrante contradiction avec ce qu’on peut remarquer au niveau de ces services.

Les fonctionnaires stagiaires, puisque c’est comme cela qu’on les appelle, passent le plus gros de leur temps à ne rien faire. Les responsables ont toutes sortes de difficultés à leur trouver une occupation, excepté les petites commissions. Les jours passent et se ressemblent pour eux. En tout cas, c’est l’image que laisse entrevoir l’Institut des Hautes Etudes Islamiques Ahmed Baba de Tombouctou qui emploie plus de quarantaine de personnes qui ne font rien pour la plupart. C’était aussi le cas, il y a juste quelques mois, à la Direction régionale du Travail du District de Bamako. Cette triste réalité n’est pas spécifique à ces services. Elle est typique de toute l’administration de notre pays.

C’est fort de ce constat que nous formulions l’interrogation : « L’admission au concours d’entrée à la Fonction Publique est-elle une panacée ? ». Si chômer c’est aussi cesser d’être productif, alors l’admission au concours d’entrée à la Fonction Publique n’en protège pas. Or avec le privé, la motivation du travailleur est plus grande et partant, c’est tout le pays qui en bénéficie. Dans un pays où la vocation, la conscience professionnelle, l’éthique et la déontologie animent peu les citoyens, il y a lieu de bien réfléchir sur le choix des femmes et des hommes pour diriger un service, quand on sait que les nombreuses initiatives en matière de lutte contre le chômage des jeunes n’ont toujours pas permis de parvenir à bout du lot croissant des jeunes à la recherche d’un premier emploi.


 

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