L’alternative par la culture du pourghère
mardi 1er avril 2008 par Issa Fakaba SISSOKO
Le mercredi dernier, le peuple malien a célébré le 26 mars consacrant l’avènement de la démocratie et du multipartisme intégral dans notre pays. Si dans le District de Bamako l’évènement a été fortement marqué par le dépôt d’une gerbe de fleurs au Monument des Martyrs, et la tenue de rencontre-débats sur les 17 ans de démocratie, à Kati il a été consacré à l’organisation d’une conférence-débats sur le thème : « La culture du pourghère peut-elle contribuer à la lutte contre le chômage, la pauvreté et le dépendance énergétique ? »
Organisée le Comité ADEMA-PASJ de Kati-Médine, cette conférence, tenue dans la salle de conférence de la Maison du peuple, a enregistré la participation de plusieurs barons du comité exécutif national du parti. Il s’agit notamment du secrétaire général Tiémoko Sangaré, ministre de l’agriculture, du 2er vice-président, M. Ibrahima N’Diaye, ministre de l’emploi, de M. Makan Moussa Sissoko, de El Madani Diallo, anciens ministres, respectivement du travail et du développement rural, et de plusieurs invités de marque.
Pour le secrétaire général du comité ADEMA, M. Demba Keïta, le choix de ce thème pour la célébration de la fête de notre démocratie n’est nullement fortuit, et participe d’une volonté de la structure, qui est à sa 7ème conférence du genre, de diversifier le débat et de toucher directement aux questions de développement. Abondant dans la même dynamique, le ministre N’Diaye, n’en dira pas moins. Pour lui, le choix du présent thème est pertinent et pose la problématique autour d’une question importante liée au développement du pays. Saluant l’initiative, le responsable du CE a révélé que l’instauration d’un débat autour de cette problématique d’une telle actualité, la culture du pourghère, revêt une importance capitale et permet de susciter l’engouement des populations vers la valorisation de la plante qui, dans les années à venir, peut constituer une bouffée d’oxygène pour notre pays en matière de biocarburant.
De l’avis du conférencier, M. Boubacar Samaké, la plante de pourghère, dont les graines traitées donnent de l’huile utilisable comme carburant lourd, existe dans plusieurs zones du pays, particulièrement dans les 3ème , 4ème et 5ème régions. Pour le responsable du programme pourghère, la plante qui a été utilisée pour la première fois au Mali en 1942, précisément dans la zone Office du Niger, peine à connaître la valorisation souhaitée depuis plusieurs années malgré la reconnaissance de son importance. Pour le conférencier, qui distingue 175 types de pourghère, la plante peut véritablement constituer dans notre pays une alternative au coton qui connaît depuis quelques années une descente aux enfers. La plante du pourghère, précise M. Samaké, qui a été fortement utilisée par la CMDT et l’OHVN dans les années 1989, et est aussi utilisée en médecine, pour le traitement d’environ 200 maladies, représente un véritable potentiel énergétique pour le Mali, selon de nombreuses recherches menées à partir de 1986, notamment par le partenaire allemand.
D’où l’avis du conférencier d’inviter le gouvernement à la mise en œuvre de politiques de valorisation de la culture du pourghère et le renforcement des capacités des acteurs, notamment des artisans, dans sa transformation.
Issa Fakaba SISSOKO
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