A un mois et deux semaines de la fermeture des classes, le fil de la discorde est toujours tendu entre les deux protagonistes. L’année scolaire sera-t-elle sauvée ?
A quel prix ?
Cette année, les écoles secondaires publiques traversent une crise totale. Un mois seulement après le démarrage des cours, la COSES a décrété un mot d’ordre de rétention des notes et de non-évaluation. Pour se faire entendre, elle a décrété également deux grèves. Malgré tout, les professeurs sont restés sur leur faim. Les points clés de leurs revendications n’ont pas été acceptés malgré les multiples tractations. Ainsi, depuis le 24 Avril dernier, la COSES a durci le ton. Elle a lancé un mouvement de désobéissance au ministre des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, Amadou Touré.
Cela, à cause de son refus de créer un véritable cadre de concertation entre eux.
La COSES réclame, entre autres, l’octroi d’une indemnité de logement aux travailleurs de l’enseignement secondaire, la levée des obstacles juridiques aux avantages) accordés aux enseignants contractuels, la relecture de l’article 60 de la loi n°-99-046 du 28 décembre 1999 portant loi d’orientation sur l’éducation, la relecture du décret n°-03-324 du 06 Août 2003 portant statut particulier du personnel enseignant de l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale, la rémunération de l’évaluation de la formation modulaire, le paiement avec rappel de l’incidence financière de l’augmentation de la valeur indiciaire des professeurs contractuels à compter du 1er janvier 2007, l’application correcte des décrets n°00 599 du 04 décembre 2000 portant cadre organique des Académies et des CAP. Sur ces sept points de revendications, seuls deux ont fait l’objet de négociation avancée : la relecture de l’article 60... et le paiement avec rappel de l’incidence financière de l’augmentation de la valeur indiciaire des professeurs contractuels à compter du 1er janvier 2007.
Les autres points n’ont fait l’objet d’aucune avancée significative.
Et pourtant, ces points qui sont la pomme de discorde entre le gouvernement et la COSES et qui menacent sérieusement l’année scolaire avaient fait l’objet d’accord l’année dernière entre le Syndicat National des Travailleurs de l’enseignement Secondaire (SYNTES) et l’ex-Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga. Ce dernier avait même mis des commissions de travail en place composées des secrétaires généraux et conseillers juridiques des ministères de la fonction publique et de la reforme de l’Etat, de l’éducation nationale, de la justice, de l’économie et des finances, de l’administration territoriale et des collectivités locales, les représentants des syndicats de l’éducation nationale, de la commission de suivi pour une école apaisée et performante.
Il s’agissait de mener des réflexions sur la relecture de la loi n°99-046 du 28 décembre 1999 en son article 60, l’octroi d’une indemnité de logement au personnel enseignant de l’enseignement secondaire, la revue à la hausse des frais de surveillance et des corrections des examens et concours des enseignements secondaire général technique et professionnel, la relecture du décret 337 du 17 novembre 1979 fixant le taux de l’indemnité de responsabilité des censeurs, directeurs des études, surveillants généraux et chefs des travaux des établissements d’enseignement secondaire, afin de les mettre en application.
Le principe de la continuité de l’Etat violé
L’on se souvient que c’est cette médiation d’Ousmane qui a fait que les résultats des examens de fin d’année ont été proclamés. Mais l’espoir des enseignants fût de courte durée. Le gouvernement de Modibo Sidibé a maintenu le statu quo.
L’accord de principe entre le SYNTES et son prédécesseur (Issoufi Maïga) le 17 juillet 2007, n’a pas été suivi d’effet. D’où des questionnements sur la continuité de l’Etat. “Si cela est vrai, les décisions prises par Ousmane Issoufi Maïga ne doivent pas être remises en cause par son successeur Modibo Sidibé”, a déclaré avec insistance Tiémoko Dao, Secrétaire général de la COSES. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’étau se resserre sur le ministre Amadou Touré.
Les élèves sont venus compliquer la donne.
D’abord, ils avaient refusé de faire les compositions sans être évalués suite à une décision du ministre de faire le premier trimestre. Ensuite, ils ont empêché leurs ca-marades des privés de faire leur deuxième trimestre le 5 mai dernier. Ils trouvent inadmissibles que ceux-ci fassent les compositions et qu’eux ne font rien. Le pont étant coupé entre la COSES et M. Touré, ce sont les associations (la CAFO, l’AMSUneem, les griots etc,) qui jouent l’intermédiaire pour qu’il y ait un dénouement heureux de la crise.
COSES consciente des enjeux
A ceux-ci, la COSES a dit : “le sauvetage de l’année scolaire dépend de la volonté des pouvoirs publics”. Nous ne sommes contre personne. Nous voulons tout simplement l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants”, a conclu M. Dao.
Cette année, il n’y a eu aucune évaluation au niveau du public. En tout cas, le temps presse pour redresser la situation. Car, des milliers d’élèves seront sacrifiés pour zéro. Le gouvernement acceptera-t-il de prendre ses responsabilités ? Les compositions dans les établissements publics débuteront lundi pour les classes de 12è des lycées, les classes de 3è et 4è années de cycle Brevet de technicien et les classes de 2è année du cycle CAP. A partir du 26 mai ce seront les classes de 10è et 11è des lycées, les 1è et 2è années du cycle Brevet de technicien et CAP.
Le ministre entend mobiliser des professeurs autres que ceux de la Coses pour surveiller les épreuves et corriger les copies



